Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La réforme des retraites d'Alain Berset est soumise au peuple le 24 septembre prochain.  
© CHRISTOF SCHUERPF

La vie à 30 ans 

Travailler jusqu’à la mort

Notre chroniqueuse parle de cette jeune génération qui intègre déjà qu’elle n’aura pas de retraite du tout et qu’il faudra faire sans

Ne jamais s’arrêter. Continuer à travailler parce que c’est bien de rester dans la vie, dans le coup, avec les collègues, d’avoir un salaire de toute façon bien supérieur à une rente. En lisant les «recommandations aux employeurs» d’un think tank bancaire préconisant une retraite négociée individuellement, au cas par cas, je sens que l’on y vient. Travailler jusqu’à la mort. Dans la joie. Dans l’efficacité. Dans le «je ne coûte rien à la société et en plus je m’éclate quand je bosse».

Les Trente Glorieuses, ce rêve

On y vient, ou plutôt, on y revient: à force de rogner sur le social, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, parce qu’on ne peut plus la financer. C’est la faute à une démographie moribonde née d’un monde où les enfants coûtent trop cher; on va bien finir par ne plus y avoir droit et ce sera plus simple. L’AVS aura juste été un joli moment de l’après-guerre, du temps de la croissance heureuse, un rêve un peu niais des Trente Glorieuses: c’est ça, la petite musique qui monte.

Lire aussi: La prévoyance vieillesse 2020, une réforme qui se lit comme un polar

Ensuite, il y aura d’un côté les cassés, les perclus, les vieux chômeurs, les imprévoyants. On les aura mis à la «retraite anticipée», cette manière si moderne de vous faire prendre la porte avec l’air de vous mettre en vacances. Ceux-là devront se débrouiller avec une sorte de minimum social ridicule, un genre d’aumône comme au bon vieux temps. Et il y aura les autres, présentés comme les forts, les gagnants, qui se tueront littéralement et longuement à la tâche pour continuer à avoir juste de quoi vivre.

Guerre des générations

J’exagère? Je n’en suis même pas sûre. J’en entends certains autour de moi, cette jeune génération qui intègre déjà qu’elle n’aura pas de retraite du tout, qu’il faudra faire sans. Ou alors il s’agira de s’en occuper dans tellement d’années que de toute façon on verra bien. Je n’écris pas cela pour jouer la gauchiste de salon. Non, c’est le contraire: je crois dur comme fer aux vertus du mérite, au remerciement pour le travail accompli, même si ça prête à rire par les temps qui courent. Les vieux pensent que les jeunes sont égoïstes, les jeunes imaginent que les vieux profitent... Je simplifie, mais une société qui désolidarise entre elles les générations se prépare à des lendemains difficiles.


Retrouvez tous nos articles sur la réforme des retraites.


Précédente chronique:

Isabelle Moret n’est pas un homme comme les autres

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)