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Manifestante roumaine solidaire des pro-IVG polonais.
© DANIEL MIHAILESCU

Revue de presse

La très grande colère des Polonaises fait reculer le gouvernement sur l'avortement

C’est aujourd’hui qu’on saura ce qu’il adviendra de la proposition de loi anti-avortement de la droite ultraconservatrice polonaise. Le parti conservateur au pouvoir hésite cependant à la suivre, vu l’ampleur de la mobilisation des pro-IVG

L’Europe entière, et les femmes en particulier, suivaient – suivent – ce qui se passe actuellement en Pologne sur le front de l’avortement.

Le correspondant du Monde, Jakub Iwaniuk trace rapidement la perspective: «C’est dans une atmosphère extrêmement tendue que la commission de la justice et des droits humains de la chambre basse du parlement polonais (Sejm) a rejeté, mercredi 5 octobre, la proposition de loi visant à interdire totalement l’avortement. Le texte émane d’organisations militantes anti-avortement, soutenues par l’épiscopat. Déposée par le député de la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et Justice) Witold Czarnecki, la motion de rejet a été approuvée par quinze députés sur trente et un – un membre de la commission s’étant abstenu.»

Lire aussi:  Grève générale des femmes proclamée en Pologne

Le parti conservateur au pouvoir prend peur

On en était là mercredi soir et c’est ce jeudi que la chambre basse du parlement doit choisir de rejeter définitivement le texte ou de le renvoyer en commission. Dans cette perspective, Jakub Iwaniuk précise: «Conscient de l’extrême sensibilité du sujet, qui a amplement mobilisé les femmes lors de manifestations lundi à travers le pays, Jaroslaw Kaczynski, le chef du PiS, le parti au pouvoir, a décidé de mettre le holà à une proposition de loi dont son parti n’était pas à l’origine, mais qui avait recueilli les signatures de près de 500 000 citoyens.»

On comprend l’embarras relatif du parti conservateur lorsqu’on jette un œil sur la mobilisation sans précédent qui a eu lieu, depuis lundi, en Pologne contre un projet de loi qui ne prévoyait pas moins que «des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour les femmes, les médecins ou toute personne participant à la procédure d’interruption volontaire de grossesse (IVG)».

Un tsunami sur Twitter

C’est 20 minutes France, dans sa rubrique «By the Web», qui se fait l’écho, par exemple, du tsunami qui a saisi Twitter: «La contestation ne faiblit pas, elle dépasse même les frontières. Alors que depuis plusieurs jours, des milliers de Polonaises battent le pavé pour défendre leur droit à l’avortement, de nombreuses femmes se joignent à leur combat sur les réseaux sociaux, où le hashtag #CzarnyProtest («manifestation noire» en français), regroupe les messages de soutien.»

Ainsi, comme en témoigne la timeline de Twitter, même le Parlement européen a été le témoin de scènes spectaculaires de soutien, avec des Femen remontées à bloc:

Sans parler de la publication massive d’images des manifestations faite par le réseau, comme en témoigne ce tweet de People Power:

Ou de slogans de soutien venus rappeler la situation réelle et concrète des femmes, de par le monde, en matière d’avortement:

En la matière, le Journal des Femmes s’est montré, comme on pouvait s’y attendre, particulièrement tranchant en répercutant les réactions des femmes de Paris contre la perspective de cette nouvelle loi polonaise: «Je n’arrive pas à croire que je dois encore protester contre cette merde», est-il écrit sur une pancarte (en anglais) brandie par une dame âgée à Paris, devant l’ambassade de Pologne. Dans le pays, l’avortement est sur le point d’être interdit totalement. Quelques jours après que le top Anja Rubik a posté ce cliché, 31 000 personnes l’ont partagé sur Facebook. Preuve que le droit à l’IVG intéresse l’opinion et inquiète celles et ceux qui ne comptent pas renoncer à ce droit durement acquis. Pourtant, ils ont de quoi se faire un sang d’encre.»

Oui, définitivement, le droit à l’IVG intéresse les femmes, en Pologne et dans le monde. C’est pourquoi, peut-être, comme nous l’expliquent de nombreux titres, le gouvernement polonais a pris peur: «Interdiction de l’IVG en Pologne: le gouvernement recule» titre L’Obs. Tandis que Le Figaro prédit: «Pologne: l’interdiction de l’IVG rejetée». Et que The Guardian diagnostique l’arrêt cardiaque pour la proposition ultraconservatrice: «Poland’s abortion ban proposal near collapse after mass protests.»

La position de l’Eglise jésuite nuance

On attend maintenant avec impatience les échos que donnera la presse catholique européenne aux développements de cette affaire. Le 22 septembre, néanmoins, le journal La Croix tenait à faire savoir ceci, que «l’épiscopat polonais refuse la pénalisation des femmes qui avortent». Et précisait ainsi la position de l’Eglise: «Si l’Eglise en Pologne a toujours réprouvé l’avortement en soutenant l’interdiction de la pratique, elle a cependant clairement manifesté, quelques semaines après le dépôt du texte du comité à l’Assemblée, son opposition à la pénalisation de celles qu’elle considère comme «des deuxièmes victimes de l’IVG». Pas pour rien que le pape est jésuite…

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