A Noël, les élus prennent des vacances. Comme vous. Un peu plus que vous, d’ailleurs. Entre Noël et Nouvel An, ce sont nos seules vraies vacances. Les Français parlent de la «trêve des confiseurs», ou quand les hostilités cèdent la place aux douceurs. Un moment unique. On s’aime. On se lâche la grappe. Même au PDC valaisan: les conservateurs ont attendu le 2 janvier pour exploser le parti.

Du coup, les médias s’ennuient un peu à Noël. Ils sont obligés de parler du Conseil fédéral. C’est dire. Le point d’orgue médiatique des Fêtes fut un débat sur la photo officielle du gouvernement. Les observateurs ont ainsi comparé les sept sages à une famille mafieuse (Neue Zürcher Zeitung) ou à un groupe de rock (Tages-Anzeiger). En passant par un chœur mixte (ma voisine). Puis, après avoir fait le tour de la photo, les commentateurs se sont savamment penchés sur la frange de la présidente. En mangeant des marrons glacés. Noël, quoi.

Après les douceurs, voici la RIE III

Malheureusement, la trêve des confiseurs est terminée. Fini, les douceurs. La politique reprend ses droits, avec un bon vieux débat «gauche-droite» sur la fiscalité des entreprises. La «RIE III». On va donc reparler de choses sérieuses. Ce qui ne veut pas dire qu’on le fera sérieusement. La preuve: avant la guerre des partis, nous avons eu droit, en amuse-bouche, à une guerre des médias. Cela fait des mois que Tamedia tape sur la SSR tant qu’il peut.

Du coup, pour marquer la fin des vacances, et en attendant leurs prochains affrontements parlementaires, Tamedia et la SSR se tapent dessus à coup de sondages, et… se contredisent. C’est pratique, deux sondages contradictoires. Après Trump, le Brexit, ou Fillon, ils n’ont plus aucune crédibilité. Mais quand deux sondages se contredisent, ils se refont une santé: l’un d’entre eux a raison. A 100%.

Restent quelques entartages en vue

Ce fut le cas vendredi, par exemple, sur la réforme des entreprises. Ce sera «non», dit l’un. Ce sera «oui», dit l’autre. Breaking news, donc: un institut de sondage ne s’est pas trompé. Mais comme on ne sait pas lequel, tous deux concluent que, dans le fond, «on dit ça, mais on ne dit rien». Et d’ailleurs, il se peut qu’on s’en fiche un peu. Il se peut même que le bon peuple se lasse d’entendre des experts lui dire ce qu’il pense. Sans vraiment le savoir.

Moralité: la trêve des confiseurs est finie. Mais il nous reste encore quelques douceurs: les tartes à la crème des sondeurs. Et donc, a priori, quelques entartages en vue. C’est chouette, la rentrée.


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