Ces dernières années, «e-scooters» et autres petits engins électriques plus ou moins fantasques ont conquis la Suisse. Découvrez notre série d'articles sur les défis qu'ils posent.

Une raison. On a tous au moins une raison de détester les trottinettes électriques. Pour les férus de vélo «musculaire», suant à grosses gouttes sur les pentes des villes romandes, c’est l’injustice de voir ces planchettes ridicules sur mini-roues les dépasser nonchalamment. Pour les piétons qui ont déjà senti le souffle d’un trottinettiste fou sur le trottoir, c’est le sentiment d’insécurité. Pour les automobilistes, c’est l’imprévisibilité de ces engins peu visibles qui bifurquent sans prévenir – et leur dament le pion en se faufilant dans les embouteillages. Pour d’autres, enfin, c’est l’aversion pour ce peuple du guidon, souvent des trentenaires dynamiques avec leur triptyque baskets-costard-montre intelligente.

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Comme chaque nouveau mode de transport, la trottinette électrique suscite son lot de réactions. C’est que la mobilité est un sujet hautement émotionnel, où chacun prêche pour sa paroisse et où l’innovation est rarement vue d’un bon œil. Surtout quand apparaît un ovni du bitume, sorte de monstre hybride exhumé de l’enfance et mis sous stéroïdes, qui de surcroît génère son lot d’accidents.

Des droits et des contraintes

Il serait toutefois erroné de considérer la trottinette électrique comme un gadget superflu de plus. Avec sa vitesse et sa portabilité, elle répond aux besoins de nombreux pendulaires. Surtout, c’est une corde de plus à l’arc d’une mobilité douce rendue nécessaire par le changement climatique, la congestion des villes et la demande d’une meilleure qualité de vie de la part des citadins.

Cependant, pour intégrer ces engins dans nos flux urbains, il faut les traiter avec sérieux. Tout comme les vélos, d’ailleurs, électriques ou musculaires. Cela signifie leur octroyer des droits, à commencer par une infrastructure adaptée, notamment des itinéraires cyclables continus et sécurisés. Mais aussi leur poser des limites. On pense au casque, mais aussi à ces trottinettes débridées, pouvant atteindre plus de 100 km/h, en vente libre dans certains magasins et sur le Net.

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La vitesse des trottinettes sur la voie publique est limitée à 20 km/h. Ceux qui en achètent de plus puissantes plaident (sans tromper personne) que c’est pour aller plus vite sur des routes privées. Qui le fait vraiment, en dehors des quelques coureurs du premier championnat du monde de trottinette électrique (ça existe!), de passage à Sion en mai dernier? Soyons sérieux et admettons, comme le demandent de nombreux acteurs de la mobilité, qu’il est temps de réguler la vente de ces bolides.

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