La guerre de Milosevic contre la population civile albanaise du Kosovo doit être stoppée. C'est à cela que devaient servir les négociations politiques menées depuis plus d'un an par la communauté internationale avec le président de la République serbe. Mais il est devenu clair depuis décembre 1998 que contre un misanthrope fanatique de cette espèce, la politique n'avait plus de chance de réussir. Que faire alors? Nous nous trouvons dans une situation dans laquelle nous devons malheureusement accepter la guerre comme le dernier instrument de la politique. Lorsque le résultat des négociations n'est que les massacres, la mort et la terre brûlée, celles-ci ne servent plus à rien. Il faut alors une résistance determinée.

Honneur aux critiques contre l'intervention de l'OTAN, mais qui nous dira comment la communauté internationale aurait dû réagir devant les massacres au Kosovo? La chasse à l'homme, la purification ethnique, les meurtres ont commencé bien avant l'attaque de l'OTAN. Nous voyions des hommes et des femmes chassés de leur patrie, leurs parents assassinés sous leurs yeux et nous, ici, nous continuions à parler de réfugiés économiques et à les criminaliser.

Nous sommes à la fin de ce XXe siècle sanglant qui a apporté à l'Europe l'expérience d'exterminations humaines jamais vues. Nous ne pouvons pas, en restant à regarder sans rien faire, prêter la main à l'œuvre destructrice d'un dictateur qui s'en prend à des gens à cause de leur race, de leur origine, de leur religion ou de leurs convictions politiques.

Il faut stopper le dictateur serbe avec tous les moyens à disposition. Et cet objectif n'est pas atteignable sans l'engagement de troupes terrestres. Il est simplement impensable de laisser agir un bourreau. Combien de fois avons-nous déploré que les Alliés ne soient pas intervenus plus tôt dans la Seconde Guerre mondiale pour faire cesser les horreurs commises contre les Juifs. Le fait que les personnes gazées, déportées ou tuées aient été plus nombreuses à l'époque ne doit pas modifier aujourd'hui notre appréciation sur le bien-fondé d'une intervention armée!

Les personnes déplacées doivent pouvoir reconstruire leur foyer. Elles doivent pouvoir le faire dans la paix, dans la sécurité matérielle et politique. A court terme, tout doit être fait pour soulager les malheurs des populations civiles dépossédées de leurs droits. Cela doit s'accomplir à la fois par une aide sur place et par l'accueil dans de nouveaux lieux d'asile. Ils meurent déjà. Ils n'ont pas de quoi se nourrir, ils n'ont pas d'eau, pas d'installations sanitaires, ils sont traumatisés, ils sont physiquement et psychiquement au bout du rouleau. Il faut les aider maintenant. Il y faut un concours de mesures humanitaires, politiques et militaires. Bien sûr, aucune de ces initiatives ne peut être tout à fait satisfaisante, mais ce n'est pas la faute des mesures elles-mêmes. C'est la faute du dictateur serbe.

Enfin, soyons honnêtes. Les Etats-Unis, les nations européennes et la Suisse ont pendant des années fait des affaires avec le dictateur serbe. Ils l'ont soutenu alors qu'il était déjà clair qu'il ne respecterait aucun accord, ni aucun contrat, et alors qu'il violait depuis longtemps déjà les droits de l'homme. Ceci devrait servir de message aux Occidentaux. Avec les dictateurs, on ne fait pas de politique et surtout pas d'affaires. Car tôt ou tard, pour beaucoup d'hommes, la mort est au rendez-vous.

Traduit de la SonntagsZeitung.

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