L’Internet Archive est une librairie numérique qui indexe le Web. Son importance a souvent été comparée à la plus célèbre bibliothèque de l’Antiquité, celle d’Alexandrie. Fondées par Brewster Kahle en 1999, ingénieur informatique et militant pour un savoir universel, les archives virtuelles ont été mises en ligne en 2001 avec le lancement de la Wayback Machine («machine à remonter le temps»), un moteur de recherche permettant aux utilisateurs de retrouver des sites web disparus ou de visualiser des sites existants dans leurs versions précédentes.

279 milliards de pages Web

Avec plus de 279 milliards de pages Web répertoriées, c’est un véritable témoignage de l’humanité sur Internet. Pour la journaliste Rachel Maddow de MSNBC, l’Internet Archive est non seulement une mémoire numérique collective mais aussi «un formidable outil pour confronter les politiciens à leurs discours électoraux passés». Maddow donne comme exemple la capture d’écran d’une page web rapportant des propos du futur vice-président des Etats-Unis Mike Pence sur les homosexuels en 2001: «Le gouvernement devrait reprendre les fonds attribués aux malades VIH et atteints du sida et les attribuer aux institutions qui pratiquent la thérapie de conversion.» Un discours qu’il ne peut renier aujourd’hui, même s’il a changé d’avis.

Or, l’Internet Archive vient de faire la une des journaux. Brewster Kahle annonce que suite à l’élection de Donald Trump, un double du site sera hébergé au Canada. En lançant un appel de fonds, il partage ses craintes sur son blog: «L’histoire des bibliothèques est celle de pertes. La bibliothèque d’Alexandrie est surtout célèbre pour avoir disparu. Le 9 novembre, nous nous sommes réveillés avec une nouvelle administration promettant des changements radicaux. Nous devons nous assurer que nos archives se trouvent en lieu sûr.»

Et Facebook, alors?

Il faut savoir que l’Internet Archive se cantonne au Web ouvert. Les sites protégés par des mots de passe ne sont pas indexés. Facebook n’y figure pas. Les pages de son 1,79 milliard d’utilisateurs sont archivées par le réseau social lui-même et donc, pour le moment, inaccessibles aux historiens. Pourtant leur consultation, sera nécessaire pour dresser un portrait socioculturel plus juste de notre époque.


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