Etre opposé à l’ancien président des Etats-Unis ne justifie aucunement d’occulter la figure controversée du nouveau, ce qui a malheureusement été fait durant le temps de la campagne électorale américaine. En effet, si la personnalité très clivante de Donald Trump pouvait expliquer que nul ne le soutint, la personne de Joe Biden traîne des casseroles si nombreuses, qui relèvent de registres si variés, qu’il aurait été intéressant pour les lecteurs d’en découvrir l’ampleur, même si rien de cela n’est bien nouveau. Florilège…

Joe le salace. Le futur nouveau président a la main baladeuse, c’est le moins qu’on puisse dire, et plusieurs demoiselles de son entourage s’en sont plaintes. Quant à sa collaboratrice au Sénat, Tara Reade, elle l’accuse carrément de viol. En ces temps de grande sensibilité à la cause féminine, et alors que la plupart des messieurs soupçonnés de tels comportements sont livrés sans procès à la vindicte populaire, il ne saurait y avoir de mansuétude vis-à-vis de Biden au risque, sinon, de passer pour des tartuffes. Ce, d’autant que Joe est marié à une femme charmante, Jill, de onze ans sa cadette, qui le soutient fidèlement depuis des décennies.

Tricheur et gaffeur

Joe le tricheur. En 1988, notre homme est contraint d’abandonner la course à la présidence. En effet, son concurrent aux primaires démocrates, Michael Dukakis, le prend en flagrant délit de plagiat alors qu’il recopie mot à mot un discours que Neil Kinnock, un travailliste anglais, avait prononcé quelques mois auparavant. Au gré de cette déplorable affaire, un autre cas de plagiat était ressorti datant de l’époque où le futur président était étudiant en droit! Récidiviste avec cela! Il faut dire que Joe n’est pas une lumière. Il mène son cursus dans une université américaine sans renom particulier et il est reçu au 76e rang de sa promotion, sur 85!

Joe le gaffeur. L’homme ne cesse de faire des gaffes, mais le mot est inapproprié: la plupart du temps, ce sont simplement des mensonges pour se valoriser, en se prétendant présent là où il n’était pas ou en s’attribuant des propos qu’il n’a pas tenus. Comme tous les menteurs, il est souvent pris en flagrant délit et s’empêtre avec bien peu de dignité. Il faut dire qu’à 78 ans, et après plusieurs ennuis cérébraux, il a la mémoire qui flanche. Mais, si c’est le cas, il est bien regrettable de sa part d’avoir accepté une candidature et de la part de son parti de l’avoir portée.

Consternant et révélateur

Joe et ses proches. Dès le début de sa carrière, son encombrante famille commence à faire des siennes. Son frère, James, se lance dans la création d’une boîte de nuit (il n’y a pas de sot métier) alors qu’il n’a aucun argent. Allez comprendre pourquoi les banques lui en prêtent autant, elles qui ont évidemment tout perdu! Plus récemment, James rachète le fonds spéculatif Paradigm Global Advisors, qui est mêlé à des affaires louches avant de disparaître en 2010. Il y a aussi le juteux contrat obtenu pour la construction de 100 000 logements en Irak alors que Joe est, comme par hasard, chargé de la politique irakienne à la Maison-Blanche. Son autre frère Franck ne vaut guère mieux, mais le pire reste Hunter, son fils, peu recommandable personnage. Les parents ne sont pas responsables des frasques de leurs enfants, il est vrai, mais lorsqu’ils agissent de connivence ou ferment les yeux, c’est gravissime. Il faut se demander pourquoi Hunter était si royalement payé par une entreprise gazière ukrainienne accusée de corruption, tandis que son père était chargé de l’Ukraine sous l’administration Obama. Cette affaire devrait encore faire couler beaucoup d’encre.

Voilà une partie de ce qu’il aurait été utile de rappeler sur la personne du candidat Biden, car tout cela mis bout à bout donne une image peu élogieuse du 46e président du pays le plus important du monde. Que les Etats-Unis, qui comptent 328 millions d’habitants, n’aient aucun autre choix à proposer aux électeurs que Donald Trump ou Joe Biden, c’est aussi consternant que révélateur!

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