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Marche des anges à Parkland (Floride), dimanche 25 février.
© Joe Raedle, Getty

Charivari

Pourquoi le tueur de masse est-il toujours un homme?

OPINION. Orlando, Las Vegas, Parkland, Zoug ou Oslo. Chaque fois qu’une tuerie de masse a lieu, un homme en est l’auteur, jamais une femme. Notre chroniqueuse s’interroge sur les raisons de ce constat

Vous l’avez remarqué comme moi, n’est-ce pas? Les tueurs de masse sont toujours des garçons. Souvent jeunes, parfois plus vieux, comme à Las Vegas, en octobre dernier, où l’auteur du massacre qui a fait 58 morts était un retraité de 64 ans. Mais le tireur fou est toujours de sexe masculin. Pourquoi? Vous avez une idée? Je vous pose la question, car Internet n’est pas très disert sur le sujet. On y lit que les Etats-Unis sont, et de loin, le pays où l’on meurt le plus par arme à feu parmi les nations riches et non concernées par une guerre civile. Il y est aussi écrit que l’attachement aux guns des Américains provient de leur passé de chasseurs et de pionniers pour lesquels le fusil était un garant de sécurité et de liberté. Et, bien sûr, des lignes et des lignes évoquent les lobbies des armes à feu, marchands de mort aussi puissants que protégés par le monde politique et la loi du marché.

Mais je n’ai pas trouvé de raison expliquant pourquoi les tueries de masse (plus de quatre meurtres dans un temps rapproché) étaient toujours l’œuvre de garçons. Y compris à Zoug ou en Norvège. Ce qui tombe immédiatement sous le sens, c’est l’empreinte de l’armée, cette école à tuer, pardon, à protéger, qui, dans sa grande majorité, recrute des hommes. Et le fait que, historiquement, on a toujours demandé aux mâles de sécuriser le foyer, la région, la nation en leur mettant tout un attirail à disposition.

Il y a aussi cette autre explication, qui clive les sexes et sera sans doute mal vue en ces temps d’uniformisation. Selon un ami quadra, le mâle décharge son gun comme il décharge sexuellement. C’est la même pulsion, mais de compensation. C’est-à-dire que lorsqu’il abat en rafale, le tueur prend une revanche sur son impuissance, son incapacité à avoir pu briller au lit, au travail ou en société. Tuer en masse serait donc un réflexe de frustré. Et quand on sait que l’assassin de Las Vegas avait, parmi ses 23 armes, un fusil d’assaut capable de tirer 600 coups à la minute, on imagine que la décharge a eu, en effet, de quoi le soulager.

D’autres amis pensent qu’il s’agit de mode macabre, de trend à sensation. Cette manière de reproduire une action dont les médias parlent beaucoup porte un nom, le copycat. Mais ça ne dit pas encore pourquoi ce copycat-là séduit plus les garçons… Je ne peux que citer Mallarmé, qui n’a rien d’un «mâle armé», mais dont la plume vise souvent juste. «Cette foule hagarde! Elle annonce: Nous sommes la triste opacité de nos spectres futurs», dit le poète dans Toast funèbre. Est-ce que les hommes, qui n’enfantent pas, auraient plus facilement, face à la masse, la perception de la vanité de la vie et le besoin d’en accélérer la fin?


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© Gabioud Simon (gam)