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Pour la Tunisie, les écueils sont nombreux, notamment à cause du manque de perspectives économiques pour les jeunes et de la menace que continue de faire peser le terrorisme sur l’ensemble de la région.
© FETHI BELAID/AFP Photo

éditorial

La Tunisie, sept ans après…

ÉDITORIAL. Alors que s’approche la date anniversaire de la chute de Ben Ali, la classe politique tunisienne donne des signes inquiétants de paralysie

La faute au Fonds monétaire international (FMI)? La faute aux islamistes, toujours en embuscade même s’ils ont changé de costume? La faute aux «affairistes» et aux «mafieux», que dénonce la gauche tunisienne, en référence au retour en pleine lumière des anciens compères du dictateur Ben Ali? A l’approche du septième anniversaire de la révolution tunisienne, le 14 janvier, tout se passe comme si le seul modèle encore vaillant des Printemps arabes voulait, lui aussi, donner la preuve qu’il est prêt à vaciller.

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Liberté inédite

Des centaines d’arrestations à travers le pays, le déploiement de l’armée, la colère chez les protestataires qui marque l’énumération d’une liste de doléances longue comme le bras… Pour un pays si fier – à juste titre – de représenter une sorte de référence pour le reste du monde arabe, les augures semblent d’autant plus mauvais que ce sont, précisément, des protestations grosso modo comparables qui avaient allumé la mèche à Sidi Bouzid, il y a sept ans, conduisant in fine à la fuite du tyran.

Ce sentiment de surplace est évidemment trompeur. S’il est vrai que les manifestations de ces derniers jours montrent l’ampleur de la colère qui règne dans certains secteurs du pays, elles prouvent aussi qu’une liberté de ton totalement inédite est désormais acquise, et qu’il serait purement insensé de vouloir la remettre en question.

Retour des travers autoritaires?

La rage n’en est pas moins compréhensible. Au pouvoir, une coalition de partis politiques que tout oppose se regardent en chiens de faïence. Le parlement est bloqué ou inopérant, à l’image des autres institutions politiques du pays… Bref: le système politique est à ce point paralysé qu’il n’a eu, face aux injonctions du FMI, d’autre option que de se soumettre et d’adopter des mesures d’austérité extrêmement douloureuses, au risque de faire exploser la marmite sociale.

Plus grave: sous diverses formes, un peu partout, surgit la tentation d’un retour aux bonnes vieilles formules autoritaires, rêvées par certains comme le meilleur moyen de faire fonctionner le pays. Pour la Tunisie, les écueils sont nombreux, du manque de perspectives économiques pour les jeunes à la menace que continue de faire peser le terrorisme sur l’ensemble de la région, en passant par des partenaires européens qui, sous des abords louangeurs, n’en finissent plus d’avoir la tête ailleurs.

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Mais le danger le plus grave pour la Tunisie consiste pourtant à rester au milieu du gué, n’osant s’aventurer en terrain inconnu, sa classe politique rechignant à appliquer des réformes pourtant prévues dans la Constitution qui a été adoptée en 2014. Sept ans ne sont certes qu’un battement d’ailes à l’échelle de la transformation que nécessite le pays. Mais aujourd’hui, les démons guettent et, pour la nation, le temps presse.

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