Défense nationale hier, politique de sécurité aujourd’hui, quel que soit le nom qu’on lui donne, l’idée d’une défense armée a toujours été, depuis plus d’un siècle, un caillou dans la chaussure militaire de la gauche. Voilà pourquoi l’actuelle gauche rose-verte boîte lorsqu’elle est contrainte de justifier ses réticences, voire son opposition, à un renforcement de l’armée ou à l’achat d’appareils américains F-35. C’est donc une gauche rose-verte embarrassée, sans ligne claire en matière de politique de sécurité, qui a tenté de s’expliquer cette semaine devant les Chambres fédérales lors des débats urgents. Si les deux partis veulent être audibles dans les débats qui vont s’ouvrir autour des conséquences à tirer de la guerre en Ukraine ou autour de l’initiative contre les F-35, il est urgent que le PS et les Vert·e·s sortent de l’ambiguïté et clarifient très rapidement leur position envers l’armée et la politique de sécurité. Car lors des débats sur l’Ukraine au Conseil de l’Europe, mardi, la délégation des socialistes suisses s’est surtout signalée par ses positions embrouillées.