La spirale infernale continue à tournoyer. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les primes d’assurance maladie grimperont à nouveau en 2017. De 4,5% en moyenne pour les adultes, la plus forte augmentation depuis 2012.

Mais cette moyenne ne signifie pas grand-chose, tant elle cache des coups de massue différents, selon les cantons, l’âge des assurés ou leur modèle d’assurance. Les primes des enfants, par exemple, augmenteront de 6,6% en moyenne, mais de 9,7% à Genève. Chez les adultes, ce sont les Jurassiens qui subissent la plus forte hausse (7,3%).

La liturgie automnale des réactions outrées peut reprendre, cela ne change rien à l’affaire, la progression semble inarrêtable. Le vieillissement de la population, l’aspiration à recevoir les meilleurs traitements possibles, les progrès médicaux et technologiques ne peuvent être stoppés. Le prix des médicaments reste incroyablement plus élevé qu’à l’étranger. Médecins, hôpitaux et assureurs n’ont pas réussi à s’entendre pour réviser le tarif des soins dans les cabinets médicaux (Tarmed). Des propositions comme celle de la caisse unique ou du «managed care» qui misait sur les réseaux de soins, ont échoué devant le peuple. Et les réformes, comme celle peut-être à venir sur les franchises, ne produisent que des effets à la marge.

Faut-il baisser les bras? Non.

Le PLR a évoqué l’idée de différencier les tarifs selon la densité médicale; le PDC veut exonérer les enfants d’une partie des primes; le PS suggère de limiter, dans les cantons, le poids des primes à 10% du revenu. Alain Berset menace d’intervenir si la révision de Tarmed n’aboutit pas. Ces prochains mois, d’autres projets vont éclore. Mais ce n’est qu’une conjugaison d’actions, à la fois sur la demande de prestations médicales, l’offre de soins, le prix des traitements et des médicaments, couplée à une gestion saine des caisses, qui pourront faire renaître l’espoir de freiner la vitesse d’entraînement de la spirale. D’où les appels solennels entendus lundi de la part de plusieurs politiciens pour demander que chaque citoyen et chaque acteur – patients, médecins, assureurs, cantons, hôpitaux – se responsabilise davantage et fasse un bout du chemin vers la maîtrise des coûts. Il faut souhaiter que cela ne reste pas un voeu pieux jusqu’à la prochaine hausse des primes.


Lire aussi :

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.