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«Un cadre formel est nécessaire»: vos courriers sur le développement de l’aéroport de Genève

VOS LETTRES. L’initiative populaire «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève» divise. Plusieurs lecteurs partagent leur point de vue sur la votation du 24 novembre

Reprendre le pouvoir

Jean-Claude Cima, Genève

Les élections fédérales du 24 octobre dernier ont révélé combien la poussée des formations écologistes va secouer les futurs débats helvétiques. La prochaine votation du 24 novembre relative à la modification du règlement d’exploitation de l’aéroport de Genève entre dans cette nouvelle arène de la «participation citoyenne» locale et dans la rue face aux décisions administratives remises en cause. Au moment où l’on parle de normes climatiques à atteindre en 2025, on relèvera une absence de pesée d’intérêts par rapport à cette politique si on accepte le développement de l’activité aéroportuaire telle qu’envisagée. En effet, il est établi qu’aux heures de pointe les aéroports de Genève et Zurich n’arrivent plus, aujourd’hui, à répondre à la demande de créneaux horaires.

A partir de 2030, il ne sera plus possible d’insérer des nouvelles liaisons, même en dehors des fuseaux horaires les plus demandés. Le système de «quotas» proposé qui entérine les décollages après 22 heures, moyennant une redevance, est inadmissible et constitue de la poudre aux yeux pour les milliers de personnes impactées par cette mesure absolument pas dissuasive. Le 24 novembre, les citoyens et le parlement cantonal doivent reprendre le pouvoir politique face à l’économie globalisée, soutenue par le gouvernement, qui émet des billets de vols pour un prix inférieur à celui d’un billet de train!


Conséquences oubliées sur l’immobilier

Charles Munck, président Habitat durable Suisse romande; Félicien Fleury, membre du comité; Genève

Souvent négligée dans les débats, la valeur des biens fonciers risque d’être sérieusement impactée par le développement envisagé du trafic aérien de l’aéroport de Genève. En effet, en modifiant significativement les courbes de bruits, les autorités fédérales, avec la complicité des autorités cantonales et de l’aéroport de Genève, oublient les conséquences potentielles sur l’immobilier, particulièrement dans un contexte d’un déclassement des terrains en zone inconstructible.

Lorsque la valeur d’un terrain et d’une habitation chute, le prêteur (banque ou assurance) est porté à revoir la valeur du prêt. Le propriétaire peut ainsi se voir être dans l’obligation de rembourser la différence entre la valeur initiale et la nouvelle valeur réduite, pouvant conduire à une faillite. Cette situation rappelle les sombres années 1980 avec l’éclatement de la bulle immobilière et les répercussions douloureuses sur les comptes publics, donc sur le contribuable. Est-ce que cette situation se répétera, considérant le contexte actuel à risque de l’immobilier ainsi que de la mise en place du nouveau plan sectoriel d’infrastructure aéronautique (PSIA) de l’aéroport de Genève?

Pour contenir le développement de l’aéroport dans le respect de la population et de l’environnement, la mise en place d’un cadre formel est nécessaire et c’est ce que cherche à établir l’initiative 163 sur laquelle les Genevois sont appelés à se prononcer le 24 novembre 2019.


Oublier le global, détruire le local

Hugues Hiltpold, conseiller national (PLR), Carouge

Dans Le Temps du 30 octobre passé, Monsieur Meyer, en réponse à Monsieur Lorétan, nie plusieurs réalités: pour des motifs de sécurité, de fluidité du trafic et de protection de l’environnement, les aéroports sont fortement régulés au niveau international. L’accord bilatéral sur les transports aériens, qui permet aux passagers suisses de se mouvoir librement sur le continent européen, garantit l’accès des compagnies au marché aérien. Les aéroports ne peuvent pas, d’autorité, décider d’ouvrir ou de supprimer une ligne aérienne. Le Conseil fédéral, dans une décision du 14 novembre 2018, propose, d’entente avec le canton, de réduire l’enveloppe environnementale et en particulier sonore de Genève Aéroport jusqu’en 2030.

Le Conseil d’Etat a précisé cette feuille de route dans une convention d’objectifs le 28 mai dernier. Le contreprojet facilite ce compromis historique à la différence de l’initiative des Verts qui va gripper le fédéralisme. Pendant ce temps, les partisans d’une initiative populaire (IN 163) nient cette réalité institutionnelle. Avec l’IN 163, c’est donc le conflit programmé avec Berne. Alors, Monsieur Meyer, vous avez encore quelques semaines afin de convaincre vos amis verts qu’ils n’oublient pas le global avant d’agir local. Pour ma part, en toute bonne conscience fédérale, le 24 novembre, je voterai non à l’IN 163 et oui au contreprojet, fruit d’une intelligente collaboration entre nos gouvernements genevois et bernois.


Encore un climatosceptique!

Catherine Demolis, Genève

Visiblement Christian Lüscher ignore ce que signifie les termes démocratie, écologie, urgence climatique et il se permet de faire la leçon! Quel écœurement! On devrait l’obliger, lui et sa famille, à vivre à côté de la piste, car ce ne sont pas les indemnités qui combleront une santé défaillante due aux nuisances de l’aéroport. Encore un qui pense tout pouvoir résoudre avec de l’argent! Quelle étroitesse, car il ne s’agit bien évidemment pas uniquement de nuisance sonore mais bien de pollution, responsable entre autres d’un climat malade. Quand donc comprendrez-vous, Monsieur Lüscher, qu’il y a urgence et qu’Extinction Rebellion, mouvement soutenu par de nombreux scientifiques, est un cri de survie désespéré?

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