Le Temps: Quel regard portez-vous sur le processus de paix?

Michael Vromen: Le problème ne sera probablement pas résolu durant notre vie ni celle de nos enfants. Mais à défaut de se résoudre, un conflit peut se gérer. Le village palestinien que nous avons derrière nous, par exemple, a été coupé de la ville de Kalkilya par le mur de sécurité. Les habitants devaient faire un détour de 35kilomètres pour aller chez le médecin ou dans un magasin, au lieu des trois kilomètres réels de distance. Ce genre de désagréments est la source de certains extrémismes. Nous avons donc construit une route qui passe sous le mur. Quand je vois, aujourd'hui, les Palestiniens du village en question repeindre leurs maisons en rose, je sais qu'ils ne sont plus préoccupés de savoir combien d'Israéliens ils pourraient tuer dans la journée. La plupart des Palestiniens sont comme moi, ils veulent pouvoir rentrer chez eux tranquillement le soir.

- La Bande de Gaza a été évacuée en 2005. Pensez-vous que la Cisjordanie puisse l'être également?

- Le problème majeur est celui de l'eau. Un pipeline partant du lac de Tibériade, au nord, permet d'alimenter les zones semi-arides du sud. Quant aux pluies, elles s'écoulent des montagnes de l'est du pays vers les plaines de l'ouest. Si les Palestiniens possèdent un territoire continu allant de Jénine à Hébron en passant par Naplouse et Ramallah, alors ils contrôleront l'accès à l'eau de toute la zone. Israël ne peut se permettre cela et c'est la raison de tous ces check-points qui quadrillent la Cisjordanie. Il s'agit de morceler le territoire palestinien bien plus que d'assurer la sécurité des colons israéliens.

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