Revue de presse

Un Indonésien gobé tout entier par un python géant, fausse fake news

Un jeune homme porté disparu aux Célèbes a été retrouvé mort dans le ventre d’un serpent constricteur de sept mètres, qui l’a avalé. «Fake news»? Il semblerait, hélas, que non

Avertissement: herpétophobes et autres âmes sensibles s’abstenir.

L’histoire paraît si incroyable qu’elle pourrait incarner un de ces fameux faits alternatifs à la Kellyanne Conway. Mais avec la caution d’agences de presse sérieuses comme AP et l’AFP (largement reprises) qui l’ont racontée et les captures d’images vidéo – certes floues mais assez crédibles tout de même – prises par la police de West Sulawesi en Indonésie, on écarquille bien les yeux, on cherche le détail qui cloche, l’incohérence… Et à ce stade, on fait chou blanc. Ce doit être vrai. On touche du bois, donc, mais une fake news de ce type, quel intérêt aurait-elle vraiment?

Dimanche dernier, Akbar, 25 ans, quitte sa maison de Mamuju, sur l’île des Célèbes, en Indonésie, à 300 kilomètres à l’est de Bornéo. Il ne rentre pas chez lui après sa journée de travail dans les plantations. Inquiète, sa famille alerte la police. Le lendemain, on découvre alentour un python de 7 mètres de longueur, anormalement obèse, un outil utilisé pour les récoltes abandonné sur le sol et… une botte esseulée. Logiquement, les proches d’Akbar se demandent immédiatement si l’homme n’a pas été gobé par ce monstre des forêts tropicales de l’Asie du Sud-Est. L’animal se trouve près d’une plantation de palmiers à huile. Il a des difficultés à se déplacer.

Selon le journal local Tribun Timur, qui a révélé l’information et tourné les images vidéo reprises ensuite par le Straits Times de Singapour et le Jakarta Post, des villageois venus en renfort tentent de tuer le reptile, immobile et apparemment en fin de vie. Ni une ni deux, ils attendent donc sagement son dernier soupir et lui ouvrent le corps, en découpant sa peau. Akbar est à l’intérieur, décédé et avec une blessure au dos semblant indiquer qu’il a été attaqué par-derrière. «Une scène digne d’un film d’horreur», écrit LCI, publiée depuis sur YouTube (attention encore une fois: contenu explicite qui peut choquer certains lecteurs):

Des cris ont semble-t-il été entendus dans la forêt dimanche dernier, mais personne ne s’est vraiment inquiété ou aurait pu imaginer, raconte encore le Straits Times, qu’ils auraient pu être poussés par un homme en train de se faire étouffer par un serpent constricteur affamé. Ce qui constitue, semble-t-il, une première mondiale.

Akbar semblant de petite taille comme la plupart des Indonésiens, l’histoire paraît crédible si l’on va se promener sur le site Dinosoria, où l’on apprend que le python réticulé des Célèbes est un des plus grands serpents du monde: il mesure jusqu’à 9 mètres de long. «Près des habitations, lit-on aussi sur Notre-planete. info, il s’attaque aux animaux domestiques (chiens, chats…) et d’élevage comme les poules mais il n’est pas considéré comme dangereux pour l’homme: les attaques recensées demeurent extrêmement rares. Toutefois, il est techniquement capable d’avaler un jeune humain ou un adulte de petite taille.»

Un peu plus de détails, toujours avec Dinosoria? Si vous avez lu jusqu’ici, vous supporterez la suite. «Le python réticulé chasse à l’affût. Comme tous les pythons, il saisit sa proie dans ses anneaux pour l’étouffer et la broyer avant de l’avaler. Immobile et bien camouflé, il attend que l’une […] passe à sa portée. Un python réticulé adulte peut s’attaquer à une panthère sans problème. Il aime également les sangliers. Mais, l’essentiel de son menu est constitué de singes.»

Puis, «dès que la victime est proche, il dresse le haut de son corps et rejette la tête en arrière. Vif comme l’éclair, mâchoires en avant, il se projette et mord. En même temps qu’il saisit sa proie, il enroule ses puissants anneaux autour d’elle. Il la compresse jusqu’à ce que le cœur s’arrête de battre. C’est ce qu’on appelle la constriction. Pour avaler les très grosses proies, il ouvre très grand sa gueule et l’engloutit entièrement, tête la première. Ses dents ne sont pas prévues pour mâcher. Il doit faire descendre son repas en ondulant. Dirigées vers l’arrière, les dents maintiennent la proie au fond de la gorge. Après un gros repas, le python réticulé fait une sieste, gonflé comme une baudruche. Cette sieste peut durer jusqu’à une semaine, voire plus si la proie était volumineuse.»

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