Vous lisez cette chronique le 4 novembre 2020, lendemain d’élection présidentielle aux Etats-Unis. Vous n’êtes pas encore au clair sur les résultats et moi encore moins au moment où j’écris. La seule chose que nous savons, c’est que nous vivons un «jour historique». C’est quoi, un jour historique? Il n’existe pas de définition officielle, mais disons que c’est un jour qu’une grande quantité de gens ressentent comme un hiatus entre le jour d’avant et le jour d’après. Ce qui était ne sera plus. De Trump ou des Etats-Unis, quelque chose sera cassé. L’appréhension est au plus haut.

Des «jours historiques», il y en a en veux-tu en voilà: le jour où Venise a vaincu la crue grâce à ses digues artificielles; le jour où la place Saint-Marc s’est trouvée vide du fait du Covid-19; le jour où l’Union européenne a inventé un plan financier de relance mutualisé; le jour où la Lune a été foulée par un humain; le jour où l’Anorthosis Famagusta de Chypre l’a emporté sur le Panathinaikos d’Athènes dans le groupe B de la Ligue européenne des champions; le jour où la paix a été signée entre l’Egypte et Israël; le jour où les Etats-Unis ont élu un président noir en la personne de Barack Obama; le jour où le Jura est devenu un canton; le jour où j’ai réussi une gelée de pissenlit dont l’existence dans le cahier des possibles culinaires m’avait été cachée jusque-là; et ainsi de suite.