Quel est le problème économique numéro un de la zone euro? L’Allemagne, à en croire la Commission européenne mercredi.

Il y a environ deux semaines, les Américains ont aussi critiqué le modèle allemand. Le Fonds monétaire international n’a pas été en reste. Sans parler des Français, et pas seulement les Bretons, qui considèrent que la première économie de la zone euro est responsable de leur problème d’emploi.

Désormais, les institutions européennes elles-mêmes critiquent le bon élève. C’est dire si la crise devient sérieuse.

Oui, l’Europe va mal; mais demander à l’Allemagne de freiner ses exportations et de relancer sa consommation constitue-t-il une bonne solution? Non, pour deux raisons.

Premièrement, si l’Allemagne gère assurément ses finances de façon très restrictive, aucun relâchement n’est à attendre à court terme. Parce que les Allemands n’en veulent pas. Ils se souviennent à raison qu’une grande partie des difficultés actuelles de l’Europe vient de son endettement excessif. Angela Merkel ne dit pas autre chose, ce qui explique sa popularité chez elle. Il est d’ailleurs piquant de constater que les critiques les plus vives contre l’Allemagne viennent de responsables politiques guère soutenus par leur opinion publique.

Deuxièmement, une politique de relance allemande n’est pas ce dont ses voisins ont le plus besoin. La zone euro souffre d’abord d’un excès d’endettement, dont l’assainissement à marche forcée la conduit tout droit vers la déflation, et bientôt vers une nouvelle récession.

Si la gestion de ses finances restera stricte, l’Allemagne pourrait se montrer plus flexible au sujet du surendettement de ses partenaires. Elle a certes fait des efforts en acceptant le rééchelonnement ou l’abandon de certaines créances. Le geste reste cependant insuffisant, alors que la question va très bientôt se poser de nouveau pour la Grèce.

Le bon combat est donc aujourd’hui de convaincre l’Allemagne d’en faire davantage. Ses critiques pourraient lui rappeler l’aide dont elle a bénéficié au XXe siècle. En 1953, l’Accord de Londres avait effacé la moitié de ses dettes, et lancé le «miracle économique» allemand.