«A 16h10, heure de Minneapolis mardi, Derek Chauvin met, impassible, ses mains dans le dos pour se faire passer les menottes. La scène évoque les images des mains gantées de l’ancien agent de police, le 25 mai 2020, tenant fermement celles de George Floyd, elles aussi menottées dans le dos, pendant les 9 minutes et 25 secondes où il écrasait avec son genou le cou de l’Afro-Américain de 46 ans. «Coupable.» Le mot vient de claquer trois fois en deux minutes dans la bouche du juge qui a lu le verdict des 12 jurés.»

Au moment où la Tribune de Genève et 24 heures publiaient cette entrée en matière solennelle, un Afro-Américain a été la cible d’un tir mortel de la police en Caroline du Nord. C’était au lendemain de l’annonce jugée historique de la condamnation de Derek Chauvin. Voilà tout le problème, alors que les Etats-Unis se mettent à espérer un changement profond des méthodes policières. Car pour en finir avec les violences, «il faut s’interroger sur la société américaine dans son ensemble», assurait notamment le Chicago Sun-Times dans un éditorial écrit avant la fin du procès.