Il était une fois

Un «mini-bot» pour libérer l’Italie de l’euro?

OPINION. Le parlement italien autorise le gouvernement à tester les moyens d’introduire le «mini-bot». S’agit-il d’une manipulation monétaire pour camoufler les déficits publics? s’interroge notre chroniqueuse Joëlle Kuntz

Le parlement italien, opposition comprise, autorise le gouvernement à tester les moyens d’introduire le «mini-bot»: un bon du Trésor de petite taille (10, 50 ou 100 euros), émis par l’Etat, sans intérêt et sans échéance, utilisable par les ménages pour payer leurs impôts et par l’administration publique pour s’acquitter de ses dettes monstrueuses envers les entreprises privées. Le projet fait causer. S’agit-il d’une manipulation monétaire pour camoufler les déficits publics? D’une monnaie parallèle? D’une manœuvre pour sortir l’Italie de la zone euro? Tout se dit et la légende s’en mêle.

Pour Claudio Borghi, l’inventeur du mini-bot, l’intention est simplement de remettre des liquidités dans l’économie pour éviter à l’Italie le sort de la Grèce en 2015. «Inutile», dit l’économiste Tommaso Monacelli dans La Voce. Si Monsieur Rossi utilise 100 mini-bots pour payer une facture de 100 euros d’impôts, il peut dépenser ses 100 euros au restaurant mais l’Etat doit compenser le manque d’encaisse, soit en réduisant la dépense publique soit en augmentant son déficit. On est donc dans une pure opération comptable.