Pratiquement toutes les études le montrent: l'immigration est positive pour l'économie britannique. Elle a ajouté environ 3,1 points de croissance depuis 1998, selon les calculs du National Institute of Economic and Social Research (NIESR). L'explication est presque mathématique: en travaillant, les immigrés participent à la création de richesse dans le pays. «En dix ans, 2,7 millions d'emplois ont été créés, explique Christian Dustmann, du Centre de recherche et d'analyse de la migration. L'immigration était une nécessité pour fournir la main-d'œuvre nécessaire. Il n'y avait pas assez de travailleurs britanniques pour cela.»

Mais cette analyse comporte une faille, selon Martin Weale, le directeur du NIESR. «Bien sûr que la croissance aurait été inférieure sans l'immigration. Mais ce qui compte, c'est la croissance par habitant. Or, celle-ci progresse beaucoup moins vite, parce que l'immigration fait croître la population.» En d'autres termes, la croissance est au rendez-vous, mais les Britanniques n'en ressentent pas forcément les conséquences. «C'est une erreur de dire que l'immigration est bonne pour tout le monde, poursuit Martin Weale. Pour certaines personnes, cela a provoqué une pression à la baisse sur les salaires. Les techniciens de surface n'ont pratiquement pas eu d'augmentation ces dernières années, par exemple.»

Martin Weale estime cependant que l'immigration dans son ensemble a eu un impact «légèrement positif». La principale explication est que les immigrants sont majoritairement en âge de travailler, et payent donc des impôts. Mais ils n'ont pas été éduqués en Grande-Bretagne aux frais du contribuable. Leur apport fiscal net est donc positif.

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