Ma semaine suisse

Un nécessaire (et rentable) investissement dans la pauvreté

OPINION. Réduire la pauvreté, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement et c’est rentable, écrit notre chroniqueur Yves Petignat alors que le canton de Berne se prononce ce dimanche sur une baisse de l’aide sociale

L’argent des pauvres coûte plus cher que celui des riches. Et tenter d’enrayer la spirale de la pauvreté va coûter toujours plus. Alors choisissons nos pauvres! C’est la tentation à laquelle les citoyennes et citoyens bernois pourraient être tentés de céder le 19 mai lors de la votation portant sur la modification de la loi sur l’aide sociale. C’est oublier qu’économiser sur le dos de la lutte contre la pauvreté répercutera des coûts bien plus élevés sur la société.

Michel Guillaume a déjà présenté l’impact que pourrait avoir cette votation dans d’autres cantons où les normes de l’aide sociale pourraient être remises en cause. Il est vrai que depuis 2003 les dépenses nettes dans l’aide sociale à l’échelon fédéral ont plus que doublé. De 1,22 milliard de francs, elles ont grimpé à 2,72 milliards en 2017. Augmentation de la population, individualisation et affaiblissement de la solidarité familiale, emplois non qualifiés en baisse, cas toujours plus lourds en sont les principales raisons.