Voici cinq ans, fin septembre 2015, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait l’Agenda 2030. Sur ses 38 pages, la moitié est consacrée à lister 17 Objectifs de développement durable (ODD) dotés de 169 cibles concrètes. Certes, comme tout document international, c’est un compromis. Mais un compromis qui souligne bien les principaux enjeux du moment, donne sens et respiration, a une légitimité forte – et ne vaudra que par ce que nous tous en faisons. La stratégie de financement privilégie la réallocation des ressources: il s’agit de cesser d’investir dans ce qui va à l’encontre de la durabilité, pour converger autour de l’Agenda 2030. Une réorientation aujourd’hui au cœur de la finance durable.

Avec son frère jumeau, l’Accord de Paris sur le climat, autre miracle de la diplomatie, les ODD résument 30 ans d’engagements internationaux sur la durabilité. On y retrouve ainsi référencés les droits économiques, sociaux et culturels, le droit au développement, le droit à l’eau ou à l’alimentation, les conventions de l’OIT sur les droits du travail, celles sur le climat et la biodiversité. Avoir su rassembler tous ces contenus en un seul document, maniable, facile d’accès et d’usage universel est un beau tour de force, une belle facilitation d’une action cohérente. L’ensemble est traversé des deux fils conducteurs de la durabilité: «libérer l’humanité de la tyrannie de la pauvreté» et «prendre soin de la planète».