éditorial

Un salon vraiment mobile

ÉDITORIAL. Le Salon de l’auto ouvre ses portes au public ce jeudi. Aux foules qui feront le déplacement jusqu’à Genève répond la masse de manifestants qui ont crié l’urgence climatique dans les rues de Suisse, cet hiver. Les premiers feraient bien d’écouter les seconds

Un morceau de la Suisse alémanique va transhumer à Genève, cette semaine. A la faveur d’une visite du Salon de l’auto qui ouvre ses portes au public ce jeudi, les Alémaniques qui se seront décidés à traverser le pays réapprendront que cette ville au bout du lac n’est pas uniquement une machine à produire des bizarreries politiques mais qu’elle est un des points qui concentrent une fois par an l’attention de l’industrie automobile mondiale.

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Combien seront-ils, à la clôture du 17 mars, à avoir fait le déplacement à Palexpo? La baisse de 2018, avec 660 000 visiteurs enregistrés, va-t-elle s’accentuer? Si la fréquentation repart à la hausse, chatouillera-t-elle le record de 2011 (735 000)? A titre de comparaison, Paléo a réuni 230 000 spectateurs en 2018.

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L’exemple de Detroit

Paradoxalement, le bilan chiffré du salon 2019 importe peu. Il y aura certainement foule pour découvrir les nouveautés d’une industrie qui reste une source de fascination pour beaucoup. Le modèle du salon annuel n’en est pas moins à bout de souffle. L’exemple de Detroit, pourtant le berceau de l’automobile, le montre. Les responsables du salon de Genève le savent et ils travaillent au renouvellement de cet événement, animés par de grandes ambitions.

A ce cortège de visiteurs répond celui des adolescents et des jeunes adultes qui ont récemment défilé dans les rues de Suisse et d’ailleurs en Europe. Devant l’urgence climatique, cette génération demande des changements rapides. La question d’une taxe sur les vols low cost pointe dans l’agenda politique suisse. Les manifestations de cet hiver n’y sont pas étrangères.

Repenser la mobilité

Si les dirigeants du salon genevois sont sincères dans leur volonté de le transfigurer, ils feraient bien d’inclure ces voix dans leur réflexion. La présence de voitures toujours moins polluantes dans les halles de Palexpo ne suffit plus. Il ne s’agit pas de dire que les manifestants ont forcément raison et que les constructeurs d’automobiles, et leurs admirateurs, sont des arriérés. Il faut par contre repenser l’ensemble de la mobilité et déterminer quand la voiture reste indispensable et quand elle doit être remplacée. Genève peut être au cœur de cette révolution-là.

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