Opinion

Un siècle après, quelles leçons retenir de la Constitution de Weimar?

OPINION. En août 1919, l’Allemagne se dotait de sa première Constitution démocratique, qui n’empêchera pas Hitler de s’emparer du pouvoir, note l’historien Olivier Meuwly. Comprendre pourquoi est plus que nécessaire aujourd’hui

L’armistice du 11 novembre 1918 met un terme à la Première Guerre mondiale. Les troupes allemandes rentrent dans leur pays, persuadées d’avoir échappé à l’opprobre de la défaite. Mais l’Allemagne qui célèbre les soldats de retour du front est à feu et à sang. La révolution a balayé la monarchie et, après un intermède assuré par le prince Max de Bade, la chancellerie échoit au chef des sociaux-démocrates, Friedrich Ebert. Porteur de la légitimité de la République, qui vient d’être proclamée, mais aussi des conseils d’ouvriers et de soldats qui fleurissent sur le territoire national, il plaide pour le maintien de l’ordre public.

Mais quelle structure donner à la nouvelle République? Une assemblée nationale, élue en juillet, s’installe à Weimar et achève ses travaux un mois plus tard: la nouvelle Constitution du Reich (le nom est conservé pour marquer la continuité de l’Etat allemand) est promulguée le 11 août. Les désastres qui vont déboucher sur l’arrivée d’Hitler en 1933 déposeront sur ce texte une tache indélébile: la Constitution de Weimar, la première véritablement démocratique de l’histoire allemande, mérite-t-elle cette réputation sulfureuse?