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La noyade, deuxième cause de mortalité chez les jeunes enfants.
© Pixabay

Charivari

Un trait sur le natel qui tue

Parce qu’ils regardent leurs portables, des parents ne voient par leur enfant se noyer, condamne l’Association suisse des maîtres de bain. Mais pourquoi devient-on de tels zombies devant nos écrans bleutés?

L’abolition des natels dans les piscines ou au moins leur usage limité. C’est la mesure qu’envisage Michel Kunz, président de l’Association suisse des maîtres de bain, pour empêcher les noyades d’enfants dues à l’inattention des parents. Le calcul, morbide, est vite fait: comme, dans l’eau, une vingtaine de secondes suffisent pour que le pire arrive, la fascination exercée par un écran devient facilement fatale. Philipp Binaghi, de la Société suisse de sauvetage, ajoute que les maîtres-nageurs ne peuvent pas «jouer les nounous» et que «la noyade est la deuxième cause la plus fréquente de mort chez les enfants, après les accidents de circulation». Cette info, parue lundi dans 20 minutes, jette un gros froid. Mais elle n’étonne pas.

Difficile de rester zen

On est tous pareils – ou presque. Dès que le portable annonce un SMS, on bondit, on regarde, on lit. Seuls quelques héros des temps modernes parviennent à rester zen. Les autres se laissent absorber par la machine infernale, le temps d’apaiser la démangeaison de l’information. «On me veut, on a quelque chose à me dire, je vibre, donc je suis.» Et puis il y a les jeux. Qui, paraît-il, sont diablement addictifs aussi.

Le smartphone est trop précieux pour que je fasse son procès. Combien d’urgences professionnelles n’ai-je pas réglées grâce à lui. Une photo n’est pas parvenue au service iconographique? Hop, je la renvoie depuis le train. Un interlocuteur veut modifier une citation? J’appelle illico la rédaction. Pareil pour la maison. Ces jours, on peut être jusqu’à six à table. Sans le natel, impossible de savoir qui sera là ou pas – bon, avec le natel aussi, car mes fistons ne sont pas, disons, les champions de la communication…

Devenir un zombie…

Bref, chacun a ses (bonnes) raisons de connexion. Mais pourquoi l’appareil transforme-t-il ses deux milliards d’utilisateurs en zombies. Pourquoi, face à ce mini-écran, devient-on subitement un individu présent de corps, mais absent en esprit? Une histoire d’onde alpha, comme celles qu’émet la télé et qui rendent un peu gaga? Un article du site Maxisciences.com confirme ce fait. Selon une étude australienne de 2008, le champ électromagnétique émis par un téléphone provoque une augmentation dans le cerveau de ces ondes calmantes. Autrement dit, on bondit, on lit et on est instantanément ébahi. Pas bon quand junior fait son premier plongeon. Le mieux, c’est vrai, lorsqu’on arrive à la piscine avec des petits, est de laisser la bête bleutée biper dans le casier.


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