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© Alexis Favre

Du bout du lac

Un vélo c’est une selle, des pédales, et un peu d’anarchie assumée

Face à la campagne de la SUVA, le Komintern de la petite reine n’aime pas qu’on prenne les cyclistes pour des irresponsables. Il a tort. Le vélo est consubstantiel à la transgression

Je ne peux pas exclure de vous l’avoir déjà dit, mais je suis un cycliste. Du lundi au vendredi, dans les rues de Genève en particulier, de jour comme de nuit. Parfois je porte un casque, pas toujours. Parfois mes petits phares qui clignotent fonctionnent, parfois moins. Parfois je passe au rouge, parfois j’ai des scrupules; parfois je respecte un stop, mais c’est rare. Bref, je suis un cycliste qui ressemble à s’y méprendre à tous ceux que je croise du matin au soir dans les rues (voire sur les trottoirs) de ma ville.

Alors, quand je suis rentré de vacances, que j’ai découvert le nouveau clip de prévention de la Suva et la polémique qui s’en est suivie, j’ai évidemment tendu mon oreille de cycliste ordinaire. Pour ceux qui seraient passés à côté de l’affaire du siècle, voici le clip et la discorde résumés en quelques lignes: un cycliste lausannois bien arrogant se vante d’arriver plus vite au bureau que son imbécile de voisin automobiliste:

Sauf qu’à force de slalomer fièrement entre les voitures en nous expliquant qu’il est aussi génial que son gros voisin est benêt, le cycliste fini au cimetière, fauché par une voiture. Morale des auteurs: près d’un accident sur deux impliquant des cyclistes est imputable… aux cyclistes, qui seraient bien inspirés de ne pas faire systématiquement n’importe quoi.

Lire aussi: Cycliste criminel? Une vidéo de prévention fâche

La réaction de Pro Vélo – le Komintern de la petite reine – ne s’est pas fait attendre: stigmatisation des cyclistes, dont chacun devrait savoir qu’ils sont majoritairement de respectueux usagers de route, campagne ratée, message scandaleux, et puis tout cela c’est parce que les pistes cyclables font défaut. Et cetera, et cetera. Bon.

Lire aussi: Cyclistes, la campagne irresponsable de la Suva

Le cycliste ordinaire que je suis aurait dû s’indigner, comme Pro Vélo. Non mais! Comment la Suva et les polices cantonales peuvent-elles se permettre de suggérer que je me sens moins concerné par le code de la route au guidon de ma tornade rouge qu’un chauffeur de 4x4 derrière son volant de cuir? Et puis rapidement, repensant à ma dernière traversée de la plaine de Plainpalais – gros braquet, un jour de marché – et aux trois sauts de trottoir qui m’ont conduit en un temps record à la rédaction, j’ai préféré m’énerver contre la mauvaise foi du Komintern à pédales.

Lire aussi: Campagne de prévention «Le Cycliste»: quand la SUVA et la police déraillent

Oui, les cyclistes roulent n’importe comment. C’est même à cela qu’on les reconnaît. Pire: tout au fond d’eux-mêmes, c’est pour cela qu’ils ont choisi le vélo. Par goût de la liberté et de la transgression. C’est risqué? C’est idiot? C’est même un peu irresponsable? Oui. Cela s’appelle la vie. Pardon.


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