France

Une cérémonie, deux présidents

Le nouveau président élu Emmanuel Macron a participé lundi à Paris au côté du président sortant François Hollande à la commémoration du 8 mai 1945. La passation des pouvoirs aura lieu le 14 mai

Deux présidents sur les Champs-Elysées. Le nouveau président élu Emmanuel Macron a participé lundi à Paris au côté du président sortant François Hollande à la commémoration du 8 mai 1945, sa première sortie officielle depuis sa large victoire dimanche. Les deux hommes étaient côte à côte pour écouter l’hymne national français entonné par le chœur de l’armée, le centriste proeuropéen, 39 ans, laissant percevoir son émotion, les yeux parfois clos.

Le président socialiste François Hollande avait ouvert les commémorations marquant la capitulation allemande du 8 mai 1945 en déposant au bas de l’avenue des Champs-Elysées une gerbe au pied de la statue du général de Gaulle, héros de la résistance face à l’occupant nazi.

Le président sortant est ensuite venu chercher son successeur dans les tribunes, le saluant d’une accolade. Emmanuel Macron y avait été accueilli un peu plus tôt par plusieurs personnalités, dont l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui lui a glissé un «bravo» lors d’une longue poignée de main.

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Deux présidents jusqu’à dimanche. La passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron doit intervenir dimanche, a annoncé la présidence française. Le plus jeune président élu de l’histoire de France a remporté l’élection avec 66,1% des voix face à sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen (33,9%). Le chef de l’Etat a déclaré ressentir «beaucoup d’émotion» à donner, lors de ces cérémonies, «la marche à suivre» à Emmanuel Macron, qui, dans son parcours politique, l’a «suivi» puis «s’est émancipé» sans trahir, et «a été élu».

«Je voulais qu’Emmanuel Macron puisse être là, avec moi, à côté de moi, pour qu’une forme de flambeau puisse lui être passée puisque nous sommes aussi auprès de cette flamme» du Soldat inconnu, a déclaré le président sortant, interrogé sur France 2.

Questionné sur le fait de savoir si Emmanuel Macron était son «héritier», François Hollande s’est défendu de vouloir «capter Emmanuel Macron». «C’est vrai qu’il m’a suivi tout au long de ces dernières années quand j’étais moi-même candidat puis président, il a été ministre d’un gouvernement», a-t-il souligné. «Après il s’est émancipé, il a voulu présenter un projet aux Français. Il s’est présenté devant eux, il a été élu. Il est le président. C’est à lui maintenant, fort de l’expérience qu’il a pu acquérir auprès de moi, fort aussi de ce que nous avons fait ensemble, de continuer sa marche.»

Son ancien conseiller ne l’a-t-il pas trahi en se présentant à l’Elysée? «Non, il a fait ce qu’il pensait devoir faire, et il l’a fait à mes côtés et ensuite il l’a fait seul. Et maintenant avec les Français. Et moi je lui adresse tous mes vœux de réussite».

Si Emmanuel Macron a besoin de «conseils», «il sera toujours le bienvenu et moi je serai toujours à côté de lui», a affirmé le président sortant.

Que fera-t-il au lendemain de la passation? «Je serai un citoyen de France et je serai attentif à la situation de mon pays. Je serai prêt à répondre à toutes les sollicitations qui me seront faites pour être utile mais le temps n’est pas venu. Pour l’instant, c’est à Emmanuel Macron d’avoir la responsabilité du pays.»

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