(in) culture

Une comédie française… et drôle!

Eric Toledano et Olivier Nakache, le duo à l'origine du carton «Intouchables», reviennent avec «Le Sens de la fête»

Tout est dans le titre de cette chronique, avec ce point d’exclamation qui souligne bien mon étonnement. Oui, j’ai ri en regardant une comédie française grand public, ce qui ne m’était plus arrivé depuis… je ne sais plus trop quand. Et j’ai ri d’un bon rire franc, loin de ces demi-sourires un peu forcés que nous arrachent de-ci de-là des gags qu’on sentait venir.

La comédie «made in France» a-t-elle vécu un âge d’or, à l’image de ce qu’a connu le cinéma américain avec le burlesque de la période muette, puis la «screwball comedy» des années 1930-1940, l’irruption sauvage dès le milieu des seventies de la génération Saturday Night Live, et enfin – dans une moindre mesure – l’émergence plus récente de francs-tireurs comme les frères Farrely et Judd Apatow? Comme ça, sans réfléchir, j’aurais tendance à dire que non. La comédie française a ses légendes, comme Max Linder, Jacques Tati – auteur de Playtime, un des plus beaux films du monde – et son disciple Pierre Etaix, ses grandes figures populaires, comme Gérard Oury, Georges Lautner ou Francis Veber, mais il ne s’est jamais réellement passé quelque chose de plus large, à l’image de la Nouvelle Vague dans le cinéma «sérieux».

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Et depuis vingt ans, c’est carrément le désert. Plus rien ou presque, à part l’excellent Pierre Salvadori ou des comédies d’auteur parfois magnifiquement écrites mais aux destinées commerciales souvent discrètes. Et ne venez pas me dire que Dany Boon a surgi arrivé tel le Messie. Car s’il a pu faire (très) vaguement illusion avec ses Ch’tits puis Rien à déclarer, il a depuis largement prouvé qu’il était un bien piètre acteur, incapable de donner une quelconque profondeur à ses personnages et au jeu d’une abominable raideur – son ami Kad Merad est autrement plus intéressant.

Passons sur les succès de La Vérité si je mens ou Camping, entre autres titres sur lesquels il est plus sage que je n’écrive rien, pour enfin en venir au fait: j’ai vu Le Sens de la fête, d’Eric Toledano et Olivier Nakache, et j’ai ri. Souvenez-vous: en 2011, le duo sortait son quatrième long-métrage, Intouchables. Comédie intelligente à connotation sociale, carton énorme. Trois ans plus tard, Toledano et Nakache signaient Samba, et arrivaient à la fois à amuser et à faire réfléchir en parlant migration et burn-out. Cet automne, ils reviennent avec une comédie plus franche. Le Sens de la fête emprunte au théâtre classique sa règle des trois unités – temps, lieu, action – pour nous plonger au cœur d’une luxueuse fête de mariage, vue du côté des coulisses et de son organisateur. De son casting à ses dialogues, de sa mise en scène chorégraphique à sa musique, le film est une réussite totale. Il sort mercredi prochain, et j’y retournerai.


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