Le Valais s’apprête à dépoussiérer sa Constitution plus que centenaire. Ce travail d’équilibriste sera réalisé par 130 citoyennes et citoyens. Durant les quatre ans que durera leur tâche, ils devront avoir l’intelligence de passer par-dessus les guerres de clocher, qui existent encore trop souvent dans ce canton, pour penser au Valais dans sa globalité.

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Cela ne sera pas facile. Les constituants ne sont pas encore élus que les camps semblent déjà figés. René Constantin, le président du PLR Valais, ne cesse de répéter qu’il s’agira d’un match entre conservateurs et progressistes et que ces derniers doivent remporter la victoire. Son homologue de l’UDC du Valais romand, Cyrille Fauchère, explique que son parti, tout comme le PDC, sera là «pour sauver les meubles, face à ceux qui veulent régler leurs comptes au travers de cette assemblée».

Travailler ensemble pour créer des bases solides

Le ton est donné et ce n’est pas le bon. Ces guerres partisanes ne doivent pas s’immiscer au sein des débats de la Constituante. L’assemblée ne doit pas devenir une arène où des gladiateurs combattent et où le plus fort ressort vainqueur. Les bases du Valais de demain ne seront solides que si elles ont été posées par des constituants travaillant ensemble, pour le bien du canton.

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Tout n’est pas à jeter dans la Constitution valaisanne actuelle, et les futurs élus pourront s’en inspirer. Mais qu’ils partent d’une feuille aussi blanche que possible! Ils doivent oser discuter de tout, des idées les plus rationnelles, comme la réorganisation territoriale et politique du canton, aux propositions plus avant-gardistes, comme une fiscalité écoresponsable, avantageant les contribuables soucieux de l’environnement. Ce n’est qu’en allant au fond des choses et en ne laissant aucune frustration que l’exercice sera réussi.

Pas le remède à tous les maux

Il ne faut toutefois pas se leurrer, la Constituante n’apportera pas de remèdes à tous les maux du canton. Mais c’est l’occasion rêvée de poser les bases d’un tourisme quatre saisons, dont tout le monde parle mais qui n’est toujours pas devenu réalité, de recréer l’unité cantonale et de faire de la Raspille un trait d’union et non pas une frontière entre le Haut et le Bas du canton; ou encore de définir les principes de développement durable et de protection de l’environnement nécessaires à un canton fortement concerné par le réchauffement climatique.

Souvent raillé pour son côté rétrograde, le Valais a l’occasion d’être précurseur. Les futurs constituants doivent en prendre conscience, au même titre que les partis, qui doivent avoir le courage de prendre de la hauteur.