Digitale attitude

Une Convention pour protéger les internautes en temps de paix

Sur le modèle de la Croix-Rouge en 1949, l’idée fait son chemin avec l’augmentation générale des cyberattaques

Parce que les cyberattaques sont devenues une menace quotidienne avec des répercussions globales, le président de Microsoft, Brad Smith, a appelé les gouvernements du monde entier à signer une «convention de Genève numérique». Elle «devra contraindre les gouvernements à appliquer les normes nécessaires pour protéger les civils sur Internet en temps de paix», a-t-il proposé lors de la Conférence RSA sur la sécurité à San Francisco le mois dernier.

Les Conventions de Genève signées en août 1949 par 196 nations membres de l’ONU exigent la protection des civils en temps de guerre. Smith soutient que les Etats-Unis et d’autres pays doivent maintenant élaborer un équivalent numérique pour protéger les civils et les entreprises pris dans le feu croisé d’une cyberguerre constante.

Il a également proposé la création d’une organisation internationale neutre chargée d’enquêter sur les attaques menées par les Etats. Et a appelé les entreprises de technologie à s’engager pour protéger leurs utilisateurs et de ne jamais mettre leurs outils à disposition d’entités qui auraient l’intention de mener des opérations offensives.

Ces dernières années, les cyberattaques sont devenues une menace grandissante. La Corée du Nord serait à l’origine d’une offensive en 2014 qui a paralysé Sony Pictures. La Russie est soupçonnée d’avoir tenté d’influencer l’élection présidentielle américaine de 2016 via un piratage informatique et des hackers de tous bords ont dérobé des millions (parfois des milliards) de dollars aux compagnies et même aux banques centrales. Ils ont volé des secrets d’Etat et d’entreprises, ainsi que des données privées de centaines de milliers de particuliers. Ils sont responsables d’atteintes à la paix et à la prospérité. Et les attaques sur les infrastructures critiques telles que les réseaux électriques, les systèmes de traitement des eaux, les télécoms et les transports sont à craindre à l’avenir.

«Parce que ce sont les entreprises technologiques et non les armées qui soient les premiers intervenants quand une cyberattaque se produit», rappelle Smith, «nous devons nous engager à mener une action collective qui fera d’Internet un lieu plus sûr».

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