Ce sont les guerres qui le faisaient vivre. Le chef de la force Al-Quds des Gardiens de la révolution n’était pas seulement l’un des hommes les plus puissants, les plus redoutés et les plus adulés d’Iran. En Irak, en Syrie, au Liban et dans une moindre mesure au Yémen, Qassem Soleimani avait fini par tirer pratiquement toutes les ficelles, du moins celles qui comptent. Fidèle soldat œuvrant à la projection iranienne à l’étranger, il savait tirer avantage comme nul autre des faiblesses de ses ennemis. Ce faisant, dans la région, et parfois au-delà, il a aussi fait couler des rivières de sang. En l’abattant dans la nuit de jeudi à vendredi, les Américains ont donc bel et bien tué l’un des grands commandants des guerres qui ravagent le Moyen-Orient. Mais, par ce geste sans précédent, ils risquent fort d’avoir sonné le déclenchement des suivantes.