Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Leibstadt
© ALESSANDRO DELLA BELLA

Conversation

Une discussion très radioactive sur la page Facebook du Temps

Dès qu'il s'agit de nucléaire, les passions, les convictions et les émotions s'échauffent. Une bonne nouvelle pour la démocratie. Comme le reflète la page Facebook du «Temps»

C’est Noël Mamère, invité pour parler de la sortie française du nucléaire dans l’émission C’est dans l’air, qui relevait, face à une défenseure acharnée du lobby pro-nucléaire, que ce sont les peuples, en dernier ressort, qui décident des risques qu’ils désirent prendre ou non en matière énergétique. Soulignons: les peuples, et pas seulement les spécialistes et les experts.

Et c’est en effeuillant la page Facebook du Temps qu’on en a eu, hier, la meilleure preuve en s’attardant sur les nombreux commentaires que les internautes ont déposés au pied de l’article de ce journal qui annonçait: «Les Suisses voteront sur la sortie du nucléaire cette année».

Un commentateur mettait le feu aux poudres, le dénommé Ryan Az, qui écrit: «Les gens ne savent pas de quoi ils parlent. Fukushima, le pire «désastre» nucléaire en 25 ans a fait 1 mort. Tous les jours, plus de gens meurent à cause du charbon (Probablement des centaines de milliers par année). Remplacer le nucléaire, c’est faire un pas en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique.»

Vive les nouvelles fonctionnalités de Facebook

Une manière de voir les choses qui a aussitôt suscité les répliques les plus acerbes, à commencer par trois pouces vers le bas: vive les nouvelles fonctionnalités de Facebook pour affiner ses réactions épidermiques à coup d’émoticons maintenant différenciés. Mais au-delà de l’épiderme, Ryan Az a suscité aussi un flux tendu d’arguments. «En 5 minutes, assène Thomas Wroblevski, le nucléaire peut faire plus de mort que le charbon en deux siècles… Et il serait peut-être sage de pas attendre pour le constater»; Ryan Az contre aussi sec: «ahh bon? Tu peux m’expliquer comment? C’est impossible qu’un réacteur cause une explosion nucléaire. L’image que tu as du nucléaire est purement fiction et inspirée des films. Les médias adorent les titres avec le nucléaire parce que ça vend. Même chose avec les films de catastrophes.»

Intervient alors Bn Myf: «Et les déchets, vu que c’est difficile de les recycler…?». Touché, coulé Ryan Az? Pas vraiment: «Le problème avec les déchets n’est pas à court terme. Si tu ne penses pas que nous aurons la technologie pour nous en occuper dans 1000 ans, tu sous-estimes le potentiel humain. Le changement climatique est bien plus urgent:)».

Et les déchets?

Quelques dizaines d’échanges plus tard, c’est Hervé De Saussure qui revient à la charge: «Le principal problème du nucléaire c’est les déchets, et votre argument «nos arrières arrières arrières petits enfants se démerderons avec, ils auront certainement la technologie» est l’argument le plus pourris que je n’ai jamais vu (et aussi le plus égoïste).»

A terre Ryan Az? Pas le moins du monde: «Les déchets ne sont pas aussi problématiques que tu penses. Les nouvelles technologies ne font pas tant de déchets que ça. Le réchauffement climatique est beaucoup plus urgent et un beaucoup plus grand danger pour l’espèce humaine. Il n’y a rien d’égoïste, au contraire.»

Mais c’est à Manuel Pinto, à ce stade, de ferrailler: «Si les déchets engendrés par l’énergie nucléaire ne sont pas un problème pour vous ou s’ils ne sont pas aussi problématiques comme vous le considérez, pourquoi ne les stockez-vous pas chez vous? Cela serait bien plus simple! Malheureusement ou heureusement vous ne pouvez pas décider ou considérer décider pour autrui!».

Que reflètent ces échanges musclés? Que le nucléaire est un domaine où les certitudes scientifiques et industrielles vont devoir se colleter avec les certitudes éthiques, morales et économiques. Et surtout: avec les émotions de ce fameux peuple dont parlait Noël Mamère. Ce qui est somme toute assez réjouissant et signe de santé démocratique, dans un domaine où tous les experts voudraient sans doute – mais le diraient-ils ouvertement – tordre le cou à cette si dérangeante partie prenante: le citoyen.

Lire aussi: «Les Suisses voteront sur la sortie du nucléaire cette année»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)