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Le nombre d’éoliennes à implanter en Suisse donne lieu à une bataille de chiffres fantaisistes.
© Keystone/Valentin Flauraud

Éditorial

Une divergence d’opinion n’est pas une «fake news»

Les faits alternatifs font irruption en politique suisse par le biais de la Stratégie énergétique 2050. Où l’UDC, en particulier, est prise en flagrant délit de mensonge

La notion de «fake news» a jalonné l’élection présidentielle américaine et a eu un visage, celui de Kellyanne Conway, l’aventureuse conseillère en communication de Donald Trump. La Suisse est à son tour contaminée. Le Conseil fédéral s’en inquiète dans un récent rapport: le risque de propagation de fausses informations est accentué par la rapidité de leur diffusion via les réseaux sociaux. 

L’expression «fake news» a fait son irruption dans la campagne sur la Stratégie énergétique 2050. Début avril, le comité interpartis favorable à la transition énergétique a affirmé qu’il y avait des «faits alternatifs réfutables» parmi les arguments des opposants. Ceux-ci ont de leur côté déposé une plainte auprès du médiateur de la SSR, accusant une émission de la Radio alémanique d’avoir diffusé des «fake news». Il faudra s’y habituer: cela fait désormais partie du paysage politique suisse.

Lire aussi: Les «fake news» contaminent la campagne sur l’énergie

L’expression est-elle justifiée pour autant? Il faut rester prudent. Dans la campagne référendaire de ce printemps, les deux camps ont tendance à confondre «fausses informations» et divergences d’opinion ou d’interprétation. Il y a toujours eu des désaccords entre partisans et adversaires d’un projet politique à propos des chiffres et de leur lecture. C’est généralement lié à la vision que l’on a, à moyen et long terme, d’une réforme. Si elle fait peur, on puisera dans la documentation disponible les chiffres les plus apocalyptiques possibles. Si elle paraît raisonnable, on en minimisera l’impact. C’est de bonne guerre. Mais cela ne constitue pas pour autant des «fake news».

Dans le cadre de la réforme énergétique, on peut prendre l’exemple des éoliennes. Un rapport externe de 2012, dont les données ont été reprises dans plusieurs documents officiels, fait état d’un potentiel de production de 4,3 térawattheures (un TWh équivaut à un milliard de kWh). Le chiffre de 800 à 900 éoliennes est également évoqué dans ces documents. Les ennemis des hélices s’accrochent à ces chiffres pour combattre leur implantation. Personne ne connaît le nombre d’éoliennes qui pourront réellement être construites en Suisse. Ils n’en ont cure. Et ils sont tellement convaincus du bien-fondé de leur lutte qu’ils considèrent comme une inégalité de traitement le simple fait de donner la parole à leurs adversaires. Mais ce n’est pas de la «fake news».

Il en va différemment des slogans brandis par le comité politique de droite emmené par l’UDC. Il peut sans le moindre doute leur être reproché de diffuser de «fausses informations». En particulier dans leurs publicités actuelles, où ils affirment à tort que, pour la nouvelle stratégie énergétique, «le Conseil fédéral exige le financement suivant»: 67 centimes de plus par litre d’huile de chauffage, 26 centimes de plus par litre d’essence, 3 centimes de plus par kWh d’électricité. Si ce prix existait, on pourrait décerner à ce comité un «Conway d’honneur» pour ce mensonge.

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