Les jeux européens ont repris, avec leurs variations de ton, leur magie et ce qu’il faut d’anxiété pour tenir ensemble les participants. Lundi 18 mai, à la surprise générale, Emmanuel Macron et Angela Merkel annoncent leur accord sur une «union de transferts» financiers pour la «relance européenne face à la crise du coronavirus». La Commission européenne récoltera et garantira 500 milliards d’euros sur les marchés financiers qu’elle affectera aux dépenses de reconstruction dans les secteurs les plus touchés ainsi qu’aux investissements du futur pour l’environnement et le numérique.

Comme l’Allemagne s’est toujours opposée à toute mutualisation des dettes des Etats européens, il est tentant de voir là une révolution. Certains évoquent le «moment hamiltonien» de l’Europe, du nom du rusé secrétaire au Trésor auquel les Etats-Unis doivent la garantie fédérale des dettes des Etats et la création d’une banque nationale publique. Il passe dans l’air quelque chose qui ressemble à l’euro-obligation tant espérée. La somme, il est vrai, est significative. C’est la première fois que la Commission s’engagerait sur des emprunts de taille macroéconomique remboursables dans le cadre de son propre budget, lequel devrait bien sûr être augmenté ou restructuré.