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«Laissons nos aînés souffler. Remercions-les pour tout ce qu’ils ont fait, tout ce qu’ils ont donné.»
© Goodluz/123RF

Charivari

Etre une femme en 2017? C’est chic! Etre vieux? Impossible!

Qu’on les laisse souffler! Aujourd’hui, impossible d’être un aîné et de ne pas se sentir coupable vis-à-vis de la société. Il est là, le nouveau tabou

«J’ai donné, beaucoup, j’ai beaucoup fait et maintenant, j’aimerais me reposer.» En 2017, le tabou n’est pas d’être une femme. En 2017, le tabou est d’être vieux. La population occidentale n’a jamais été aussi âgée et pourtant, on n’a jamais aussi peu laissé nos aînés vivre en paix. Après les femmes à qui on a demandé d’exceller dans tous les domaines, c’est au tour des représentants des 3e et 4e âges d’être soumis à un agenda. Terminé la promenade de santé, les copains, copines avec qui papoter autour d’un café. Terminé les jeux de cartes, de pétanque, à l’heure du thé…

Aujourd’hui, les seniors doivent avaler les sommets, traverser les océans pour être respectés. Ils doivent travailler, encore et toujours, pour la communauté. Organiser des assemblées. Gérer des comptabilités. S’engager pour la bonne santé de leur village, de leur quartier. Et gare à eux s’ils n’assurent pas côté gardiennage. Lorsqu’on a eu des enfants, être grands-parents n’est pas une option, c’est une obligation. Avec, c’est nouveau, des burn-out à la clé.

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Car non seulement les aînés sont commis d’office pour garder la nouvelle génération selon des horaires qui frisent l’exploitation, mais en plus, s’ils ne se conforment pas au cahier des charges parental, ils ont droit à un vrai tribunal. Et je n’ai encore pas parlé de séduction. Des études sortent sans cesse pour dire à quel point, le 4e âge s’éclate côté sexe. A quel point, on se divorce tard et on se rencontre encore plus tard pour une dernière idylle pimentée. Avec, là aussi, souvent, un corollaire obligé: le ravalement de façade, le resserrement des chairs, la lutte contre les ravages de… l’âge.

L’âge. Il est là, le vilain mot, aujourd’hui, 8 mars. Etre une femme, c’est chic. Mais être une femme qui accepte son âge et suit sa pente naturelle, oublie. Comment accepter les rides et les affaissements en tout genre, quand des fous furieux présentent la chirurgie esthétique comme une politesse élémentaire? Genre, si vous respectez vos proches, vos amis, vous leur présentez une façade ravalée. Si, si, on le lit. Je ne vais pas entonner le couplet de la beauté intérieure, mais je fais cette prière. Laissons nos aînés souffler. Remercions-les pour tout ce qu’ils ont fait, tout ce qu’ils ont donné. S’ils sont actifs et souhaitent bouger, c’est bien. Mais combien d’entre eux s’agitent et n’arrivent pas à lâcher parce qu’on leur fait sans cesse sentir qu’ils sont un poids pour la société?


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