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Le nouveau Conseil d’Etat devra s’inspirer d’Angela Merkel lorsqu’il s’agit de marier les contraires pour mener son pays à bien.
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Éditorial

Une «Grosse Koalition» pour Genève

ÉDITORIAL. Afin de chasser les doutes que le canton nourrit sur lui-même, Genève doit changer de mode de gouvernance. A l’affrontement doit succéder une configuration permettant un fonctionnement basé sur un accord gouvernemental

Dans moins d’une semaine, les Genevois auront choisi la composition de leur nouveau gouvernement. Cette élection complétera le renouvellement du Grand Conseil, opéré le 15 avril. La séquence électorale sera terminée. Genève sera prêt à se lancer dans un défi majeur: clore le premier quart du XXIe siècle avec plus de certitudes que de doutes sur son rôle en Suisse et dans le monde.

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La tâche est immense car les doutes sont grands. Au premier tour de ces élections cantonales, ils se sont exprimés par un taux de participation famélique de 38,77%. C’est mieux que Berne et ses 29%. Et surtout qu’Uri, où 13% seulement du corps électoral s’est déplacé récemment pour choisir le chef de son gouvernement. Mais cela reste très préoccupant. On peut d’abord en vouloir aux électeurs eux-mêmes de ne pas faire usage de leur droit de vote dans un moment aussi important. Bonne nouvelle pour les experts autoproclamés qui ne cessent de faire la leçon aux élus sur les réseaux sociaux: le vote électronique leur permet pour la première fois de continuer de publier des commentaires incendiaires tout en exprimant leur suffrage. S’ils n’en profitent pas, il sera trop tard, lundi prochain, pour se plaindre des résultats.

Une décennie d’affrontements

Cette faible participation est également le résultat d’une décennie politique où l’affrontement était la règle. On l’a souligné: les Genevois, en renforçant les partis gouvernementaux au parlement, le 15 avril, ont voulu mettre fin à cette manière stérile de gérer les affaires publiques. Qu’en sera-t-il au Conseil d’Etat?

L’Alternative de gauche tient à ce que le vote de dimanche prochain soit le miroir de celui d’il y a deux semaines. Ce rééquilibrage lui permettrait de gagner un siège, socialiste. L’Entente pense que le maintien de sa majorité gouvernementale est nécessaire à la mise en œuvre de réformes importantes. Mauro Poggia, ministre MCG, s’est réjoui, lui, de jouer les arbitres entre gauche et droite.

Maudet n’est pas Merkel

Cette dernière réaction est inquiétante. Elle mise sur la résolution de divisions profondes par la grâce d’un positionnement magique «ni gauche ni droite». Cette configuration n’a plus cours. Elle a généré des échecs, et les Genevois n’en veulent plus. Pour chasser les doutes que le canton peut nourrir sur lui-même après une législature décevante, le Conseil d’Etat sorti des urnes doit s’inspirer de l’exemple allemand. Une «Grosse Koalition» pour Genève? Si Pierre Maudet n’est pas Angela Merkel, le PLR, déjà élu, sera en position de faire travailler les ministres sur un programme de gouvernement où l’intérêt partisan cède devant celui du canton.

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Dans cette perspective, la seule question qui importe est celle des personnalités. Et les doutes sont plus grands concernant la capacité du ministre Luc Barthassat à se fondre dans un gouvernement d’inspiration «germanique» que sur celle du conseiller administratif Thierry Apothéloz.

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