Un piège à mouches, une issue de secours ou un camp d’entraînement, pour reprendre la célèbre mais malheureuse formule du conseiller fédéral Adolf Ogi en 1990? La proposition de «communauté politique européenne», lancée lundi par le président Emmanuel Macron devant le Parlement européen pour «offrir aux nations européennes et démocratiques un espace de coopération sans appartenir à l’UE», a dû sans doute raviver de vieilles blessures chez les survivants du Conseil fédéral ou sous les têtes désormais un peu chenues des anciens militants du mouvement de jeunes pro-européens «Né le 7 décembre 1992». Eux qui encaissèrent le refus de l’adhésion à l’EEE. Ce «camp d’entraînement» pour la Communauté européenne dont parlait Adolf Ogi. Si d’aventure l’idée devait faire son chemin auprès des Vingt-Sept, la Suisse se sentirait-elle concernée? Elle qui ne cesse de se revendiquer d’une Europe des valeurs. Une telle «communauté politique» pourrait en effet offrir à la Suisse une issue de secours à l’impasse des négociations actuelles.