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A Uni Mail, 15 avril 2018.
© Eddy Mottaz

éditorial

Une journée d’élections, et Genève est de retour en Suisse

Les forces populistes ont perdu du terrain au Grand Conseil genevois. Les partis traditionnels forment des blocs d’égale valeur et vont devoir réapprendre les vertus du consensus. Notre éditorial

A Genève, c’en est fini du parlement en trois blocs d’égale puissance. La Nouvelle Force, alliance de l’UDC et du MCG, sort très nettement affaiblie du premier tour des élections cantonales, durant lequel les Genevois ont élu un nouveau Grand Conseil. Des désaccords idéologiques entre les deux partis et des dissensions internes au MCG avaient déjà annihilé cette union en cours de législature. Les deux formations avaient fini par s’opposer sur des sujets majeurs pour l’avenir du canton. Les résultats de ce 15 avril officialisent cette débâcle. Les électeurs genevois semblent avoir perdu un certain goût pour l’aventurisme.

Lire aussi: La fin du bloc populiste recentre le parlement genevois

Dès le 15 mai, les nouveaux députés genevois vont devoir réapprendre le consensus. Aucune majorité nette n’est en effet sortie des urnes. L’Entente (PLR et PDC) et l’Alternative (PS, les Verts et Ensemble à gauche) sont désormais des forces d’égale valeur, avec respectivement 40 et 41 députés. Les majorités devront donc se construire hors des alliances, notamment avec le MCG, qui est tout de même en mesure de conserver un rôle de pivot.

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Affrontements et vanités

Ces élections célèbrent en quelque sorte le retour de Genève en Suisse. Cette République, si souvent décriée dans la Confédération pour sa propension à s’inspirer de la France, jusque dans ses mœurs politiques faites d’affrontements et de vanités, ressemble un peu plus à un canton suisse.

Les élus et les présidents de parti avaient, en ce dimanche d’élections, le vocabulaire très confédéral. Les uns se réjouissent de pouvoir construire des majorités avec le camp d’en face, pendant que les autres saluent l’émergence d’une ère apaisée, où les blocages se résoudraient avec un peu de bonne volonté de part et d’autre. Les électeurs auraient bâti un Grand Conseil où des députés, animés par la recherche du bien commun, pratiqueraient le consensus comme religion, quitte à oublier les idéologies.

Rien n’est joué

Faut-il se laisser bercer par ces propos d’un dimanche soir électoral? Le portrait ressemble si peu à la politique genevoise de ces dernières années… Car en vérité, rien n’est joué. C’est le second tour des élections au Conseil d’Etat, le 6 mai, qui fixera la situation.

Les bons résultats des candidats de gauche peuvent laisser penser aux partis que la majorité au gouvernement est à portée de main. Un basculement qui changerait la dynamique au Grand Conseil également. A droite, la perte d’un siège au Conseil d’Etat serait-elle réellement de nature à rendre l’Entente plus douce avec la gauche?

Lire aussi: Elu au premier tour, Pierre Maudet va manquer à l’Entente

C’est bien ce scénario d’une droite diminuée qui se profile, à moins d’un second tour miraculeux. Hormis celui de Pierre Maudet, passé au premier tour, les scores des candidats de l’Entente vont de corrects à mauvais pour Luc Barthassat. Les électeurs ont rappelé au PDC que la transgression permanente n’entrait pas dans leur conception du rôle de ministre.

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