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Le bâtiment de la CPI, situé à La Haye.
© Branko de Langa/Keystone ©

éditorial

Une justice internationale frustrante, mais indispensable

EDITORIAL. La Cour pénale internationale, fondée il y a vingt ans pour poursuivre les criminels de masse, est la cible de nombreuses critiques. Sa tâche est difficile, mais toujours plus essentielle

Il y a tout juste vingt ans, la création d’une Cour pénale internationale permanente faisait naître un immense espoir. Celui de combattre l’impunité des pires des criminels, responsables d’atrocités de guerre, génocidaires et autres tortionnaires, dont les actes menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde. L’espoir aussi de donner la parole aux victimes des horreurs en les faisant participer à la procédure pour obtenir réparation.

Seize ans après la mise en œuvre du traité fondateur et quatorze ans après le début de ses travaux, l’institution présente un bilan très controversé, et les trop grandes attentes placées en cette justice sont forcément déçues.

Machine empêtrée

Aux yeux des plus critiques, la CPI est assez largement inefficace, beaucoup trop lente, sa procédure excessivement complexe, ses choix inévitablement politisés, son action teintée de partialité et son existence finalement inutile. A cela vient s’ajouter le lourd héritage laissé par son tout premier procureur, l’Argentin Luis Moreno Ocampo, rattrapé cet automne par un scandale sur ses pratiques discutables et ses comptes offshore. Une polémique qui éclabousse la personne de l’ancien procureur, mais qui entache aussi la crédibilité de l’institution.

Plus essentiel, la Cour n’a pas encore réussi à se débarrasser de son image d’énorme machine empêtrée dans des dossiers interminables et des problèmes de collaboration avec les Etats, souvent impuissante à faire arrêter ses cibles (on pense notamment au président soudanais, Omar el-Béchir, visé par un mandat d’arrêt depuis 2009 pour les massacres du Darfour).

Les principaux obstacles à son action sont toujours les mêmes. Les moyens financiers sont limités et l’assistance des gouvernements concernés pour mener les enquêtes sur place ou procéder aux arrestations est souvent minimale.

Grandes puissances, grandes absentes

Enfin, et surtout, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, une majorité des pays arabes et Israël n’ont pas adhéré ou ratifié le Statut de Rome. Sans oublier que les grandes puissances peuvent toujours paralyser une décision du Conseil de sécurité, nécessaire pour ouvrir une enquête concernant un Etat qui n’est pas partie au traité. Ainsi, le veto russe pour bloquer toute résolution sur les crimes commis en Syrie rappelle que l’impunité est bien loin d’être vaincue.

Ce tableau pessimiste ne doit toutefois pas faire oublier l’essentiel. Même si certains crimes commis aujourd’hui sont encore hors de portée, le travail de la Cour permet de mettre la justice internationale sur le devant de la scène et donne le ton pour que d’autres tribunaux nationaux suivent ce mouvement de fond. Les avancées peuvent paraître modestes, mais le message garde encore sa puissance.

Lire aussi: L’héritage encombrant qui fragilise la Cour pénale internationale

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