Pour celles et ceux qui en douteraient encore, l’actualité de cet été (vagues de canicule, multiplication des feux de forêt, cyclones, etc.) est venue rappeler ce que les scientifiques ne cessent de dire depuis bientôt cinquante ans: notre civilisation fait face à une crise climatique globale mettant en danger l’ensemble du système Terre. Les activités humaines sont même devenues une force tellurique, notre ère géologique actuelle étant qualifiée d’anthropocène. Les chiffres du GIEC, ceux de l’IPBES, les scénarios de la NASA, tous les schémas prospectifs et martelés quasi quotidiennement nous prévoient à plus ou moins très brève échéance (2040, c’est demain) l’apocalypse. La perspective de l’effondrement devient l’objet d’une discipline scientifique spécifique, la collapsologie.

Tradition gandhienne

Tout cela est connu. Or, face à ce tableau que brossent les scientifiques, nos gouvernants restent dans le «business as usual»: ils gèrent les affaires courantes, sans avoir la franchise de reconnaître l’urgence. Les ultras-riches bien informés, qui continuent d’engranger des fortunes, ont commencé à adopter des stratégies de sécession, pour s’acheter des îles ou investir dans l’immobilier en Nouvelle-Zélande, pensant par l’enfermement et l’éloignement pouvoir échapper aux catastrophes à venir.