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A l’heure où les coûts de la santé sont une bombe sociale qui menace d’exploser, il ne s’agit pas de désigner des coupables, mais d’appeler chacun des acteurs de ce marché à prendre ses responsabilités.
© CHRISTIAN BEUTLER / Keystone

Éditorial

Une polémique salutaire

ÉDITORIAL. Il est grand temps de mettre fin à l’opacité qui préside à la fixation du salaire des médecins. Alors que l’augmentation continuelle des primes maladie frappe les familles de la classe moyenne de plein fouet, ce manque de transparence est choquant

Quelle polémique! D’un côté, l’une des faîtières des assureurs, Santésuisse, lâche enfin ses chiffres sur les 140 «médecins millionnaires» à la charge de l’assurance de base uniquement. Ceux-ci se recrutent d’abord chez les radiologues, les gastroentérologues et les ophtalmologues.

De l’autre, les associations de médecins, la FMH comme la FMCH, jurent que tout cela n’est que dénigrement et fake news. Elles assurent que dans les cas extrêmes, ces chiffres d’affaires ne peuvent être atteints que par des cabinets de médecins, jamais par un seul spécialiste. Et elles précisent que le revenu du médecin est largement inférieur à son chiffre d’affaires.

Lire aussi: Enquête sur les 140 millionnaires de l'assurance de base

Quoi qu’il en soit, cette polémique peut s’avérer très salutaire. D’abord, elle montre qu’il est grand temps de mettre un terme à l’opacité qui entoure le salaire des médecins. La Suisse est un des cancres de l’OCDE à cet égard. Ce manque de transparence est choquant, surtout lorsqu’il touche l’assurance maladie de base, dont les primes qui augmentent de 4% chaque année étouffent de plus en plus de familles de la classe moyenne.

Ensuite, l’actuel système TarMed de rémunération à l’acte est complètement dépassé. A l’évidence, il favorise les mauvaises incitations et la surconsommation médicale. Et quelques spécialistes – une infime minorité assurément, mais elle existe – profitent de la marge de manœuvre dont ils disposent dans la facturation de leurs prestations pour gonfler leurs revenus. Cela aussi est déplorable, d’autant plus qu’un récent rapport d’experts vient de rappeler que «la Suisse présente un potentiel d’amélioration de l’efficience de 20%, cela sans réduction de la qualité des soins». Ce sont ainsi 6 milliards de francs qui pourraient être économisés chaque année sur l’assurance de base.

A l’heure où les coûts de la santé sont une bombe sociale qui menace d’exploser, il ne s’agit pas de désigner des coupables, mais d’appeler chacun des acteurs de ce marché à prendre ses responsabilités. Tout espoir n’est pas perdu. En travaillant sur des tarifs forfaitaires dans le secteur ambulatoire, les partenaires que sont Santésuisse et la FMCH prennent la bonne direction. La convention signée en février dernier simplifie la facturation tout en favorisant la qualité.

Lire également: Jean-Michel Gaspoz: «Pour une médecine anti-gaspi»

A terme, il faut aussi souhaiter qu’un mouvement comme celui emmené par le médecin genevois Jean-Michel Gaspoz en faveur d’une médecine «plus éclairée et plus sage» prenne de l’ampleur. Mieux rémunérer le médecin qui dialogue avec son patient dans un climat de confiance plutôt que de multiplier les examens, voilà le véritable défi!

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