Ma semaine technologique

Comment une start up a créé une épidémie

La marque de cigarettes électronique Juul fait des ravages chez les plus jeunes, y compris en Suisse

La cigarette électronique Juul connaît un succès sans précédent. Alors que les autorités de santé publique constatent avec satisfaction que la consommation de cigarettes classiques baisse après des années de prévention, celle de leurs équivalentes électroniques au contraire s'envole. L'argument souvent servi par les marques de tabac pour soutenir cette innovation tient au fait qu'elle permet aux fumeurs de faire une transition vers une consommation moins dangereuse pour leur santé. Problème, cette affirmation n'est pas prouvée et le produit connaît un succès considérable auprès d'une population qui ne fumait pas auparavant, à savoir les adolescents et notamment les plus jeunes d'entre eux. 
 
Le «juuling», comme il est habituel de décrire cette activité dans le monde anglo-saxon, vient de la Silicon Valley. La marque basée à San Francisco pèse désormais près de 40 milliards de dollars. Elle a fait son arrivée en Suisse fin 2018 et les établissements scolaires s'inquiètent de voir des jeunes l'adopter, même si la vente du dispositif est interdit aux moins de 18 ans. Avec Juul – qui ressemble à une clé USB –, vous avez l'impression de jouer avec le dernier iPhone, pas de manipuler une clope. Reste que vous ingérez de la nicotine et que les mélanges fruités proposés par l'entreprise contribuent à rendre accros, notamment les plus jeunes. Aux Etats-Unis, la consommation de ces e-cigarettes a pris une telle ampleur que les autorités sanitaires qualifient le phénomène d'épidémie. 

Voir aussi: Le vapotage dès 15 ans, nouvelle addiction?