Editorial

Une Suisse interdépendante et apaisée

ÉDITORIAL En disant oui à deux adaptations de règles internes à des exigences extérieures, les Suisses se montrent détendus face à l’imbrication de leur pays dans la gouvernance internationale. Loin de la posture d’une indépendance farouche

Disparates à première vue, les deux objets approuvés sans hésitation par les Suisses ce dimanche ont un grand point commun: dans un cas comme dans l’autre, ils impliquent une adaptation de règles internes à des exigences extérieures.

Pour la RFFA, c’est la fin du long feuilleton des statuts fiscaux cantonaux. Pour attirer les multinationales, la région lémanique a usé et abusé de ces régimes, auxquels elle doit une part de sa prospérité. Mais les pressions extérieures ont été fortes pour les abolir, de la part de nos partenaires de l’UE et de l’OCDE. C’est fait, désormais. L’impôt sur les bénéfices sera revu à la baisse dans les cantons, une contrepartie sociale aidant à faire passer la réforme. Atteinte à l’unité de matière? Peut-être, mais créativité politique surtout. Les caisses publiques sont suffisamment pleines pour assumer le manque à gagner fiscal. Et sur le plan éthique, la fin d’une discrimination réelle et controversée en Suisse même ne laissera guère de regrets.