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La célèbre vache Penka ne sera finalement pas abattue par les autorités bulgares.
© Hristo Vladev / AFP / FOUR PAWS FOUNDATION

Bulgarie

Quand une vache devient une affaire européenne

Après avoir fugué en Serbie, Penka était promise à l’abattoir, selon les directives sanitaires de l’UE. Elle a été sauvée grâce à une mobilisation sans précédent

En à peine un mois, la courte liste des personnalités bulgares mondialement connues s’est enrichie d’une nouvelle entrée. Mais il s’agit d’un bovidé: la vache Penka. Sa saga commence le 12 mai dernier lorsque l’animal a décidé, pour une raison qui reste à déterminer, de traverser la frontière avec la Serbie, quittant ainsi son pays natal mais aussi l’Union européenne, dont la Bulgarie est membre depuis 2007.

Recueillie par des fermiers locaux, Penka – un prénom qui sonne aux oreilles des Bulgares un peu comme celui de Simone aux francophones – a été rendue à son propriétaire après deux semaines de fugue, et c’est là que ses problèmes ont commencé. L’Agence bulgare de contrôle sanitaire s’est saisie de l’affaire et son verdict n’a pas tardé. L’animal doit être abattu.

Pourquoi? Ayant séjourné dans un pays extérieur à l’UE, Penka était désormais considérée, selon la législation européenne, comme du bétail sur pied importé; or elle n’avait pas les autorisations sanitaires nécessaires. Piqués au vif, les fermiers serbes ont fait appel à un vétérinaire local, qui a certifié de la bonne santé de Penka. En vain. Mise à l’isolement, elle semblait ne pas devoir survivre. Mais c’était sans compter la détermination de son propriétaire, Ivan Haralampiev.

«Grâce pour Penka»

Cet homme a remué ciel et terre, rappelé sa modeste condition de fermier pour devenir, en quelques jours, aux côtés de Penka une icône du petit écran en Bulgarie. Porté par les réseaux sociaux, son message tout simple – «grâce pour Penka» – a traversé les frontières, arrivant jusqu’aux oreilles des tabloïds britanniques, qui y ont vu une illustration de plus des errements de la bureaucratie européenne. De sa cruauté aussi: l’influent Daily Telegraph, proche des conservateurs, a lancé une campagne pour sauver Penka qui, en quelques jours, a recueilli plus de 30 000 signatures.

L’ancien Beatles Paul McCartney, devenu végétarien militant, a relayé cet appel sur son compte Twitter (quatre millions d’abonnés), précisant que la vache était «enceinte», une information démentie par la suite par son propriétaire. Mais n’empêche: le hashtag #SavePenka se propageait désormais à la vitesse de l’éclair, des internautes bulgares ont même tenté un #jesuisPenka.

Retrouvailles émouvantes

Visiblement tiraillées entre leur application de bonnes élèves de l’UE et l’émotion que suscitait cette histoire, les autorités bulgares ont fini par faire marche arrière. Penka a été soumise à de coûteux tests vétérinaires, reconnus par l’UE cette fois-ci, qui ont confirmé sa parfaite santé. Ses émouvantes retrouvailles avec Ivan ont été retransmises quasiment en direct par toutes les télévisions bulgares.

La larme à l’œil, affublé d’un bob aux couleurs de son pays, son propriétaire a parlé de sa chère vache comme d’un «symbole» de la lutte des petites gens contre une administration arbitraire. Il a appelé à un changement de la législation européenne et, surtout, dénoncé son application trop tatillonne par la Bulgarie – une position partagée par les défenseurs des animaux dans le pays.

Interrogé au sujet de Penka par un journaliste britannique, Margaritis Schinas, un porte-parole de la Commission européenne, a osé un parallèle taquin avec le Brexit, faisant beaucoup rire la salle. «Longue vie à Penka d’abord! Ensuite, force est de constater que décider de quitter l’UE et y revenir n’est pas un problème», a-t-il dit. Quant à Penka, elle broute désormais l’herbe des vertes prairies du petit hameau bulgare de Mazaratchevo, dans l’ouest du pays, en compagnie des six autres vaches de son troupeau.

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