Une zone à défendre a vu le jour en automne 2020 sur la colline du Mormont dans le canton de Vaud. Elle peut fièrement prétendre au titre de première ZAD suisse et son existence suscite des réactions variées relayées dans les médias romands. Certaines figures d’autorité politique ont notamment accueilli la ZAD avec mépris, puisque décrite comme illicite. Cependant, la balayer du revers de la main ne résoudra pas le conflit entre activistes, secteur privé et autorités publiques, ni la question environnementale plus large mise en avant par cette occupation.

Se faisant appeler «ZAD de la colline», elle a pour but initial de protéger la biodiversité abritée par la colline du Mormont. En face, l’entreprise Holcim souhaite forcer le passage pour étendre son exploitation avec, pour conséquence directe, la destruction de ladite colline. Malgré cet élan local et spécifique, la portée de la ZAD dépasse le territoire occupé. Par sa présence et ses revendications, elle offre la possibilité d’ouvrir un débat sur la préservation de la biodiversité en général, mais également sur la place et le pouvoir des entreprises privées ou, plus largement, sur l’organisation politique et économique de notre société. Une ZAD nous invite alors à renouveler nos réflexions parfois croupies d’avoir trop flottées dans un statu quo vaseux.