Coup de tonnerre judiciaire: les activistes du climat qui avaient occupé la succursale de Credit Suisse ont été acquittés! Personne n’y croyait, pas même eux, mais le juge l’a fait. Pas une amende, pas un franc symbolique, pas de remontrance, rien. Acquittés! Trois raisons à cela? D’une part, la réalité de l’urgence climatique, désormais juridiquement reconnue comme telle alors qu’elle aurait dû être interprétée uniquement sous l’angle de la sincérité des prévenus, pour attester de leur bonne foi. D’autre part le constat de l’inaction du politique en cette matière, critique inadmissible du pouvoir judiciaire envers le pouvoir législatif. Et enfin, le caractère bénin des actes incriminés, ce avec quoi nous sommes bien d’accord quand bien même il s’agissait d’une violation de domicile caractérisée.

Pas de meilleur moyen

Accessoirement, le juge Colelough, qui a admis que les activistes n’avaient pas de meilleur moyen pour faire entendre leur message, ne s’est pas posé la question de la pertinence de celui-ci. En effet, est-il bien opportun d’appeler à «la fin immédiate des investissements dans les énergies fossiles» dès lors que la transition énergétique exige justement la mise en œuvre de centrales au charbon ou au gaz. Que ferait l’Allemagne, modèle planétaire de la prise de conscience environnementale, si le fossile disparaissait, alors que ses panneaux solaires et ses éoliennes ne permettent pas une alimentation continue et que son électricité dépend à 44% du charbon, du gaz et du lignite, ce qui en fait l’un des champions européens des émissions de CO2… S’ils étaient cohérents et savaient faire la part des choses face à l’urgence qu’ils dénoncent, les militants d’Action Climat et autre Extinction Rebellion prôneraient le nucléaire, qui a fait moins de morts que le charbon, et sans émission de carbone. Précisons que l’auteur de ces lignes n’appartient à aucun lobby et tente simplement le bon sens.