Revue de presse

Usain Bolt papote et rigole avec son rival en plein 200 mètres à Rio

C’est l’événement de la nuit dernière: la «bromance» entre le Jamaïcain et le Canadien Andre De Grasse. Qui fait vibrer le Web et relance les exploits de la Foudre. S’il était encore besoin que «l’homme le plus cool du monde» en rajoute

«Peut-on tout se permettre quand on est le roi?» s’était déjà demandé Le Journal de Montréal en début de semaine, après la polémique du genre «Attrape-moi si tu peux» déclenchée par Sa Majesté Usain Bolt qui, prenant la tête de la course en demi-finale du 100 mètres aux Jeux olympiques de Rio, s’était «permis de regarder à droite, puis à gauche, pour voir où en étaient ses adversaires», «affichant un sourire narquois». Cette fois, la presse ne parle même plus de sourire, mais plutôt de franche rigolade, qui plus est partagée avec Andre De Grasse, au même stade de la compétition finale pour le 200 mètres.

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Une image fantastique

Regardez-la bien, l’image ci-dessus. Elle est fantastique, elle couronne un joli chambrage sportif. Et subjugue la commentatrice du Toronto Star. «Pour un peu, on se serait attendu à voir un officiel des Jeux débarquer avec du thé et des petits gâteaux sur un plateau», lit-on sur le site de 20 minutes France. «Ça promet pour la finale», se réjouit déjà, au Canada, la chaîne TVA, ce Canadien et ce Jamaïcain s’écrasant littéralement de rire une fois la ligne passée, alors que le Bahreïni et l’Américain semblent souffrir le martyre juste derrière eux!

«Beau moment de complicité, éclipsant complètement les autres coureurs»?, comme semble le penser Radio Canada, média auquel on ne saurait reprocher de se focaliser naturellement sur le jeune Ontarien, qui ne joue ici en réalité que le faire-valoir de l’adulé Jamaïcain. Il faut dire que De Grasse a rattrapé Bolt à quelques mètres de l’arrivée et qu’on a appris ensuite de la bouche de Bolt qu'«il était censé ralentir» et pas accélérer, son rival, naturellement, comme toujours dans ce genre de sprint. Alors, surpris par l’émulation imprévue, il lui aurait dit qu’il n’était «pas nécessaire» de le «pousser» pour qu’il remporte l’épreuve.

Insolent, une fois de plus. Ce que confirme Le Journal de Montréal, en précisant que De Grasse avait reconnu qu’ils s’étaient «bien amusés» et que Bolt avait «simplement rigolé» en lui «lançant que nous n’étions pas censés courir aussi vite que ça dans une demi-finale». Car rien n’a su empêcher ces deux «frères fiers de leur coup» – «comme des gamins», dit Metronews – de réussir les temps les plus rapides de la soirée: soit 19,78 secondes pour le premier et 19,80 pour le deuxième, qui pulvérise ainsi le record national. «Le Canadien revient à hauteur de la Foudre et tape un brin de causette. Génial!» s’exclame, en direct, 24 heures. Ce qui déclenche aussi une belle créativité sur Twitter, qui adore ça, les «bromances», comme le dit le magazine Time:

Usain Bolt, «parfois emphatique»

Alors «combien de dixièmes Bolt a-t-il gardé sous le pied en prévision de la finale?» se demande l’ATS. Ce diable de Jamaïcain que l’agence de presse suisse reconnaît être, non sans euphémisme, «parfois emphatique», avait annoncé avant ces Jeux «le plus grand show sur terre». Pour l’heure, il conserve son record du monde – 19,19 secondes il y a sept ans – mais «avec la ferme intention de l’améliorer». D’ailleurs, la finale du 200 m et celle du 4x100 m, samedi, «devraient être ses deux dernières courses de la saison. Le public peut compter sur lui non seulement pour ajouter deux nouveaux titres olympiques à sa collection, afin d’arriver à neuf, mais aussi pour faire trembler les chronos.»

En attendant, c’est sûr: cette scène-là – cette «partie de plaisir», dit L’Obs – restera comme un des moments forts qui marqueront les Jeux de Rio: «Un sourire dévastateur. L’homme le plus rapide du monde est aussi l’homme le plus cool du monde», résume Eurosport.


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