Le projet de convergence entre la TSR et la RSR est entré tardivement dans sa phase politique. Mais avec des questions légitimes: la diversité de l’information est une valeur trop fondamentale, s’agissant du service public, pour ne pas être discutée largement. Le projet de la SSR est pourtant le bon. Chacun mesure désormais le rythme frénétique de la révolution touchant les médias, leur consommation, leurs technologies, leurs concurrences et leurs modèles d’affaires.

Le rachat du groupe Edipresse par le groupe zurichois Tamedia a été un révélateur, pour beaucoup de Romands, de l’ampleur des mutations qui sont à l’œuvre. Toute une région s’interroge désormais sur les formes de son autonomie dans un domaine de haute sensibilité politique et culturelle.

Dans tous les cas, la logique est la même: conserver une capacité d’information, de réalisation et de créativité maximale malgré la baisse des recettes commerciales; et accompagner l’éparpillement des audiences sur des supports nouveaux par l’investissement dans des métiers inédits, l’organisation de nouvelles structures.

Tel est l’objectif de la convergence entre la RSR et la TSR. D’autres pays l’ont pratiquée et s’en félicitent. Elle n’implique pas fatalement la concentration du pouvoir éditorial sur un seul homme, pourvu que son rôle soit clairement défini.

Cette précaution posée, il serait inquiétant que le tocsin politique enraie le processus. Sinon, quoi? Le statu quo conduirait à la sclérose, ou à la chirurgie lourde. Attendre encore? Les gouffres financiers de la SSR ne le permettent plus guère. Et l’avenir galope.

Les sirènes de la pluralité seront en revanche utiles si elles contiennent les tentations centralisatrices qu’une telle réunification pourrait entraîner. Mais, en vérité, la RSR et la TSR seraient les premières perdantes à ne pas en avoir conscience. La diversité, c’est leur trésor et leur raison d’être. Les auditeurs et les télé­spectateurs auraient tôt fait de sanctionner, en s’en détournant, un service public qui parlerait d’une seule voix et s’abandonnerait à des contenus stérilisés.

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