Malgré cette crise pandémique interminable, de nombreux Vaudois et Jurassiens ont retrouvé le moral. Grâce à la vaccination de masse.

Le coup d’accélérateur a été donné par le canton de Vaud, qui offre depuis lundi la possibilité à toute personne de plus de 18 ans de se faire injecter une première dose.

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Ce choix courageux des autorités vaudoises est à saluer. Il se justifie sur le plan sanitaire, mais surtout psychologique. L’annonce de cet élargissement a redonné espoir à la population et tout particulièrement aux jeunes, les grands oubliés de cette crise. D’ailleurs, ils se sont précipités pour s’inscrire au plus vite et s’ouvrir de nouvelles perspectives: des sorties, des vacances, bref un retour inespéré à la normalité. Les chiffres du canton de Vaud sont éloquents: entre lundi et mardi, plus de 100 000 personnes se sont inscrites, dont 63% avaient moins de 30 ans.

Le Jura suit l’exemple vaudois

L’autre effet bénéfique de la décision vaudoise est d’avoir joué les pionniers et ouvert la voie à d’autres cantons qui ne veulent pas rester à la traîne. Le Jura a ainsi annoncé ce jeudi que, dès le 6 mai, tous ses citoyens de plus de 16 ans pourraient se faire vacciner. Neuchâtel va suivre. Les autres aussi.

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Mais le choix de Rebecca Ruiz n’a pas suscité que des louanges. Plusieurs de ses homologues, dont Mauro Poggia, ont parlé d’une décision risquée car les plus âgés n’ont pas encore reçu leur deuxième dose. Le Genevois craint une pénurie de vaccins comme celle que connaît actuellement son canton.

Ces critiques s’inscrivent malheureusement dans une compétition entre cantons: qui sera le champion de la vaccination?

Concurrence cantonale

Cette concurrence crée un malaise parce que toutes ces décisions sont prises en ordre dispersé et sont parfois contradictoires. Elles provoquent, comme souvent durant cette crise, un désagréable sentiment de cacophonie, provoquant jalousies et incompréhensions. Comment expliquer à des jeunes Genevois ou Valaisans qu’ils n’ont pas accès au vaccin alors que leur voisin vaudois a déjà reçu sa première dose?

Evidemment, c’est le lot de ce sacro-saint fédéralisme, mais une coordination et un échange beaucoup plus étroits entre les cantons assureraient une meilleure gestion de la vaccination et redonneraient de l’espoir à toute la population, où qu’elle vive.

Le succès vaudois, et bientôt jurassien, va aussi mettre la pression sur tous ceux qui hésitent encore à se faire vacciner: les jeunes montrent l’exemple à suivre pour sortir enfin de cette crise sans précédent.

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