C’est une avalanche de critiques: incurie, chaos, échec, retard, honte, égoïsme, incompétence font partie du vocabulaire devenu courant au fil des semaines pour décrire la stratégie européenne de vaccination contre le covid. L’Union s’est-elle à nouveau plantée, ironisent les eurosceptiques? Comment l’UE a-t-elle pu rater une telle opportunité, se lamentent les euroturbos? Submergé à son tour par une troisième vague d’un virus en mutation, le continent s’interroge, les Etats flinguent Bruxelles, les politiques se défaussent sur les technocrates. C’est de bonne guerre. Mais qu’en est-il réellement?

Rappelons que la santé n’était pas une compétence communautaire. Après la querelle des masques provoquée par l’irruption du SARS-CoV-2 l’an dernier, la Commission européenne a toutefois proposé un plan pour mutualiser l’achat de vaccins dans un souci d’efficacité. Force est de constater que l’Union a été prise de vitesse par trois pays: les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Israël. Ils ont deux à trois mois d’avance dans leur plan de vaccination sur les Européens. Et en Europe, on ne cesse de se comparer à ces trois Etats en déplorant ce retard comme s’il s’agissait d’une nouvelle preuve d’un déclin.