Alors que se profile l’autorisation de mise sur le marché des premiers vaccins anti-Covid-19, un sondage Tamedia paru le mois dernier dans Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung douchait quelque peu les espoirs d’atteindre une immunité collective en révélant l’ampleur de la réticence générale: à peine un peu plus de la moitié des Suisses (54%) déclaraient vouloir se faire vacciner.

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Un développement rapide

Les rétifs – la plupart n’ont absolument rien en commun avec le mouvement «antivax» – ont pour eux quelques arguments. Il y a bien entendu la rapidité exceptionnelle du développement. Jamais ces agents thérapeutiques n’avaient vu le jour aussi promptement, si bien que des questions se posent quant à leur mise au point, leur efficacité et leur innocuité. De telles interrogations sont légitimes.

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Une telle vitesse tient d’abord à la nature de ces nouveaux vaccins dits à ARN messager (ARNm), bien plus faciles à mettre au point que les vaccins habituels à base de matériel viral inactivé, et qui se prêtent mieux à une production de masse, selon des standards établis. S’agissant de l’examen réglementaire des dossiers, nombre d’autorités régulatrices des médicaments, dont Swissmedic, se sont adaptées à la donne actuelle et ont commencé sans attendre ce long travail d’évaluation, en prenant en compte les nouvelles informations jour après jour. Ce sont donc une production rapidement mise à l’échelle et des procédures anticipées qui ont conduit à ces temps record.

Sorcellerie

D’autres méfiances poussent dans le terreau de la désinformation scientifique, dont la dissémination est méticuleusement assurée par divers mouvements obscurantistes, «antivax» en tête. «Vaccin», «ARNm», «matériel génétique», «nanoparticules» sont autant de mots nécessaires à la compréhension de l’arsenal thérapeutique déployé contre le Covid-19. Ils revêtent hélas encore aujourd’hui des connotations négatives teintées de craintes irrationnelles.

Ce ne sont pourtant pas des gros mots et encore moins des armes secrètes. Ce n’est pas de la sorcellerie mais simplement de la science, la seconde présentant comme avantage, contrairement à la première, qu’on peut la comprendre et en débattre, exerçant ainsi nos droits citoyens dans un environnement démocratique. Ce n’est qu’alors que l’on pourra décider si l’on souhaite ou non recevoir la fameuse piqûre. En toute rationalité.

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